Canadiens
Canadiens de MontréalOpens in new window

Le coup de circuit n’est pas venu

Publié le 

Le directeur général des Canadiens de Montréal, Kent Hughes.

Sept heures après que Kent Hughes eut indiqué aux partisans du Canadien qu’il était passé près de réaliser une grosse transaction, le genre de coup de circuit qui aurait amélioré le Tricolore dès maintenant et pour longtemps, son équipe est passé près, tout près, de battre les Ducks à Anaheim.

Mais comme leur patron, Martin St-Louis et ses joueurs ont frappé dans le vide.

Pas tout à fait. Car après avoir comblé un recul de 2-4 et s’être même offert une avance de 5-4, le Canadien a finalement été battu 6-5 dans une séance de tirs de barrage qui s’est prolongée jusqu’en sixième vague. Après qu’Ivan Demidov eut imité Cuther Gauthier pour prolonger la « fusillade » lors de la quatrième vague, Oliver Kapanen s’est buté à Lukas Dostal, offrant au Montréalais Alex Killorn la satisfaction d’avoir marqué le but décisif.

Le Tricolore a donc récolté un point. Un point important qui permet de s’approcher à un petit point des Red Wings de Detroit, battus 3-1 par les Panthers de la Floride, vendredi.

Ça, c’est la bonne nouvelle.

La moins bonne : encore une fois vendredi, le Canadien a été victime d’un but marqué par un adversaire qui avait rappelé son gardien au banc à la faveur d’un sixième patineur. C’était la onzième fois cette année que le Canadien était victime d’un tel but.

Oui! c’est beaucoup.

« Je cherche des gars qui sont capables de jouer dans cette situation », a candidement reconnu Martin St-Louis entouré de journalistes à l’extérieur du vestiaire des visiteurs.

Il est clair que l’entraîneur-chef du Tricolore faisait référence aux joueurs à sa disposition. Les 20 qui ont affronté les Ducks et les réservistes qui ont suivi la rencontre dans les hauteurs du Honda Center.

Mais l’occasion est trop belle pour se demander si l’état-major n’aurait pas justement dû profiter des dernières heures menant au couperet sur la période des transactions pour trouver le type de joueur qui aiderait le Canadien à protéger ses avances en fin de match.

Un attaquant plus rapide ou plus agressif ou un heureux mélange des deux que ceux à la disposition de Martin St-Louis.

Un défenseur qui aurait solidifié le côté droit de la brigade défensive et aussi, et surtout, les unités de désavantage numérique qui ont permis un but en deux attaques massives aux Ducks vendredi soir.

Des unités qui affichent une « efficacité » de 76,3 % qui plonge le Canadien au 27e rang dans la LNH.

Et pourquoi pas un gardien susceptible d’inspirer davantage de confiance que le font Samuel Montembeault et Jakub Dobes malgré ses statistiques qui déforment un brin la réalité.

La raison avant les émotions

Kent Hughes et son patron Jeff Gorton répètent depuis le début de la saison, en fait ils tiennent ce discours depuis leur embauche à la tête du Canadien, qu’ils respecteront le plan qu’ils ont établi. Qu’ils ne laisseront pas l’émotivité ou la pression populaire les forcer à déroger de leur plan.

Ce qui est tout à fait louable de leur part.

Mais pendant que le duo Gorton-Hughes s’est assuré de ne pas succomber au chant des sirènes qui l’invitaient à concrétiser une ou quelques-unes des rumeurs associées à leur équipe, ses rivaux directs se sont améliorés. À quel point? Le temps nous le dira.

Le Lightning a rapatrié le vieux, mais toujours efficace Corey Perry.

Les Red Wings ont ramené David Perron à Detroit et Steve Yzerman a amélioré de beaucoup le flanc droit de son deuxième duo d’arrière avec l’acquisition de Justin Faulk.

Les Sabres, qui n’en finissent plus de gagner, ont ajouté du poids à la ligne bleue avec Logan Stanley et Luke Schenn qui épauleront un top 4 déjà impressionnant. Tanner Pearson pourra faire de même au sein d’un quatrième trio.

Les adversaires indirects du Canadien, adversaires contre qui le Tricolore pourrait toutefois se retrouver au coude à coude dans l’éventualité qu’il ait à se qualifier en séries à titre de club repêché, ont aussi bougé.

Les Islanders ont ajouté Brayden Schenn, après avoir acquis les vétérans Ondrej Palat et Carson Soucy.

Les Blue Jackets qui surfent toujours sur la poussée associée par l’arrivée de Rick Bowness derrière le banc (14-2-1 depuis le changement d’entraîneur le 12 janvier), ont fait l’acquisition de Connor Garland. Maintenant sorti de l’enfer de Vancouver et des Canucks, Garland pourra peut-être donner raison à Don Waddell d’avoir misé sur lui. Il pourra peut-être aider les Jackets à combler le retard d’un petit point qu’ils accusent sur les Bruins pour les chasser des séries.

Surtout que les Bruins, comme le Canada a décidé de miser sur les joueurs déjà en place.

Est-ce que ces paris sauteront aux visages des dirigeants du Canadien comme à celui de Don Sweeney à Boston?

Si le Canadien n’accède pas aux séries, l’état-major sera lapidé de critiques pour la première fois depuis qu’il a pris la relève à Marc Bergevin il y a déjà cinq saisons.

Si le Canadien accède aux séries, mais est balayé du revers de la main dès la première ronde encore cette année : les partisans remettront en question la décision de ne pas donner de renfort à Martin St-Louis.

À l’été prochain

Visiblement déçu d’avoir fait chou blanc sur la transaction à laquelle il tenait vraiment, Kent Hughes a tenté d’atténuer sa déception et aussi celle plus grande encore de ses partisans en assurant que cette transaction pourrait être revisitée dès l’été prochain.

C’est d’ailleurs autour du repêchage et au cours de l’été que le nouvel état-major a réalisé ses coups importants depuis qu’il a succédé à Marc Bergevin.

Et comme Kent Hughes affiche un taux de réussite impressionnant dans ses embauches, choix au repêchage, signatures de contrat et transactions, il mérite qu’on lui accorde la chance de prouver que sa patience servira la cause de son équipe et comblera ses partisans.

De prouver que le, ou les joueurs qu’il greffera à l’équipe justifieront bien plus le prix qu’ils coûteront en choix au repêchage, en espoirs et qui sait, en joueur établi au sein de l’équipe, que les joueurs qui auraient pu venir faire trois petits tours avec le Tricolore et quitter avant qu’on ait appris à les connaître.

Laine : pas de problème

Le fait que Patrik Laine soit toujours avec le Canadien semble chatouiller bien des partisans. Ça ne devrait pas.

Depuis 15 h vendredi, les équipes n’ont plus à respecter la limite des 23 joueurs imposée par la LNH. Le Canadien, comme les 31 autres formations, peut garder autant de joueurs qu’il le veut avec le grand club tant que la masse salariale respecte le plafond de 95,5 millions $.

Laine pourra donc être disponible dès qu’il aura le feu vert des médecins. Rien n’oblige Martin St-Louis à l’utiliser. Et il pourrait le fait comme il le faisait l’an dernier en limitant au minimum son temps d’utilisation à 5 contre 5 pour ensuite profiter de son tir dévastateur lors d’attaques massives.

Avec 21 matchs à disputer en saison régulière, Laine pourra écouler la saison sans faire de vague pour améliorer ses chances d’obtenir un nouveau contrat dans la LNH l’an prochain. Ce ne serait toutefois pas à Montréal…

Car je crois que le joueur courtisé par le Canadien au point de retourner au bâton afin de frapper un circuit après avoir été passé dans la mitaine vendredi et bien plus Robert Thomas que Patrik Laine…