TAMPA - Les succès du Lightning de Tampa Bay passent très souvent par Nikita Kucherov, Brayden Point, Andreï Vasilevskiy, Jake Guentzel, Brandon Hagel et Anthony Cirelli.
De grandes vedettes auxquelles on doit ajouter le nom de Victor Hedman. Capitaine du Lightning, Hedman a raté 49 matchs cette saison, dont les 15 derniers après qu’il eut quitté l’équipe pour des raisons personnelles.
Voilà toutefois Hedman de retour avec ses coéquipiers. Il a patiné à quelques reprises, mais Jon Cooper refuse de spéculer sur ses chances de pouvoir renouer avec la compétition au cours de la série qui opposera le Lightning au Canadien.
Au cours des séries, point!
À l’ombre de ces grandes vedettes, se tient droit comme un chêne le petit Québécois Yanni Gourde dont l’impact dans la série qui commencera dimanche sera aussi déterminant, peut-être même davantage, que celui de ses coéquipiers plus en vue. Si le Lightning gagne… ou si c’est le Canadien qui passera en deuxième ronde.
Déjà très choyé par les qualités défensives de ses centres des deux premiers trios – Brayden Point et Anthony Cirelli – Jon Cooper s’est souvent tourné cette année vers Yanni Gourde pour lui confier les mandats d’étouffer les meilleurs trios adverses.
Gourde et ses compagnons de trio – Zemgus Girgensons et Pontus Holmberg qui s’est blessé en fin de saison et qui a été remplacé par Nick Paul – ont relevé avec brio des mandats défensifs contre Nathan MacKinnon; contre Connor McDavid.
Selon toute vraisemblance, Yanni Gourde et ses partenaires auront le mandat de compliquer au maximum de travail de Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky.
Jon Cooper n’a rien voulu révéler, samedi, quant à ses intentions en vue du match numéro un. Il n’a pas vraiment eu à la faire. Car Yanni Gourde a reconnu sans la moindre crainte ou retenue qu’il était prêt à relever le défi d’affronter le meilleur trio du Canadien. L’un des meilleurs de la LNH depuis la reprise des activités après la pause olympique en février dernier.
«Je suis super excité. C’est un trio rapide. Ce sera un gros défi à relever et il faudra y arriver en unité de cinq sur la patinoire», lancé Gourde avec conviction.
Un géant à sa façon
Le genre de conviction qu’il affiche d’abord et avant tout sur la patinoire. Une conviction qui a poussé le directeur général Julien BriseBois et l’entraîneur-chef Jon Cooper à le ramener dans le giron du Lightning après un exil de trois saisons et demie à Seattle où il s’est retrouvé à l’arrivée du Kraken dans la LNH en 2021.
«Depuis le premier jour que j’ai dirigé Yanni, il m’a toujours prouvé que rien ne pouvait l’arrêter. On dit souvent que les petits joueurs doivent trouver une façon de se faire une place dans une équipe et que les gros se sortent des formations. Yanni a toujours pris les moyens pour se faire une place et la garder. Il devrait être une source d’inspiration pour tous les joueurs de petite taille qui se demande comment percer. J’ai eu la chance de diriger l’Équipe canadienne au cours des deux dernières années et de très bons joueurs de cette équipe m’ont souvent parlé de Yanni pour me dire à quel point il était difficile à affronter. À quel point il était désagréable à affronter… en utilisant des mots moins polis», a commenté Jon Cooper.
Yanni Gourde a reconnu que sa taille était loin de le forcer à s’éloigner quand les esprits s’échauffent que le rififi s’installe. Au contraire! En plus de distribuer les mises en échec avec générosité – il est deuxième chez le Lightning avec 115 – il n’hésite pas à «sauter dans le tas» lorsque la situation se présente.
À quelques casiers de celui de son nouveau compagnon de trio Nick Paul, Yanni Gourde a des airs de gamin avec ses 5’9’’ et 175 livres… ou à peu près.
«Il est peut-être petit quand tu le regardes comme ça, mais c’est la grosseur du cœur de Yanni, la conviction qui l’habite et l’intensité qu’il affiche chaque fois qu’il saute sur la patinoire qui détermine sa véritable grandeur sur la glace», a lancé de «géant» de 6’4’’ et 235 livres en jetant un regard admiratif en direction de son joueur de centre.
La blessure subie par Pontus Holmberg – il s’est blessé en chutant contre la bande, dans une portion servant de porte qu’un officiel mineur avait ouverte par mégarde – a fait mal au trio «défensif» des Bolts.
Mais le principal intéressé est convaincu que Nick Paul sera en mesure de remplacer Holmberg avec succès.
«Nick est tout un joueur de hockey. Il est solide, physique, efficace le long des bandes. Il patine et est capable de contribuer à l’attaque. En plus, si on a besoin d’aide, il est exceptionnel pour disputer des mises en jeu», a commenté Yanni Gourde qui, en plus d’affronter Suzuki à forces égales, le croisera aussi alors que le Lightning écoulera des pénalités.
Ce qu’il a fait trop souvent en saison régulière comme le confirment les 1207 minutes de pénalité, les 345 infractions mineures et les 45 pénalités majeures écopées par les Bolts cette saison.
C’est 357 minutes, 33 pénalités mineures et 26 pénalités majeures de plus que le Canadien.
Mentalité de meute
Ces statistiques en matière de pénalité représentent un changement d’ADN de la part du Lightning. Un changement collectivement apporté après l’élimination aux mains des Panthers le printemps dernier en première ronde. Une deuxième élimination en deux ans aux mains d’une équipe physique.
«On a parlé du fait qu’on s’était fait dominer sur le plan physique l’an dernier. On est revenu avec une mentalité de meute cette année. Pas juste dans le vestiaire, mais sur la glace. On s’est porté à la défense des uns et des autres chaque fois que cela était nécessaire. On a affiché beaucoup plus de caractère», a expliqué Brandon Hagell.
«La robustesse, l’agressivité, la combativité font partie intégrante des séries. Les unités spéciales jouent aussi des rôles encore plus grands en séries. Il faudra donc tout donner sur la glace tout en gardant en tête l’importance d’être disciplinés», a convenu Nick Paul qui verra ses compagnons de trio Gourde et Girgensons sauter sur la patinoire à court d’un homme alors qu’ils complètent la deuxième unité de désavantage numérique avec les défenseurs Emil Lilleberg et J.J. Moser.
Anthony Cirelli, Brandon Hagel, Ryan McDonagh et Erik Cernak composent la première unité envoyée sur la patinoire par Jon Cooper lorsque vient le temps d’écouler un désavantage numérique.
L’impact d’Hedman
Tout en restant discrets sur la nature des «ennuis personnels» qui ont poussé Victor Hedman à demander et obtenir un retrait de la formation, les joueurs du Lightning étaient unanimes à reconnaître le bienfait de le revoir.
«C’est le fun de juste le voir autour. Je le laisse tranquille. Mais c’est certainement un plus qu’il soit autour», a convenu Yanni Gourde.
Andreï Vasilevskiy et plusieurs autres joueurs défilaient des commentaires similaires.
S’il semble acquis – c’est ce que Jon Cooper a laissé entendre – que Hedman se rapprochera de l’équipe non seulement à Tampa, mais qu’il accompagnera ses coéquipiers à Montréal, son absence sur la patinoire se fait encore sentir.
La saison exceptionnelle de Darren Raddysh – 22 buts, 70 points – a fait contrepoids au manque à gagner offensif associé à la perte de Hedman. Charle Edouard-D’Astous, qui a finalement atteint la LNH après des détours dans les ligues mineures nord-américaines et les ligues professionnelles de Finlande et de Suède, est l’un des 11 arrières à avoir disputé au moins un match en raison des blessures qui ont miné la brigade défensive.
«Ce n’a pas toujours été évident, car nous n’avons pas été en mesure de maximiser la complicité qui s’installe au sein des duos de défenseurs et d’avoir un gaucher et un droitier sur les trois paires, mais on s’en est tiré, indiqué Jon Cooper.
S’il reconnaît que l’absence d’Hedman est impossible à minimiser sur le plan hockey, Brandon Haggel assure que celle du capitaine est moins difficile à combler.
«Il restera toujours notre capitaine et notre leader. Mais quand tu regardes autour du vestiaire. Il y a tellement de leaders forts comme Brayden Point, Anthony Cirelli qu’on a peut-être 10 ou 11 gars qui peuvent prendre la relève sur le plan du leadership.»
Il sera intéressant de voir si le Lightning gardera Victor Hedman derrière des portes closes ou si sa présence sera dévoilée au grand jour.











