TAMPA - Déjà aussi incongru qu’injuste alors que les Stars et de Dallas et le Wild du Minnesota se croiseront dès la première ronde, l’affreux système des séries privera les amateurs de hockey de deux des trois meilleures équipes de la LNH dès la deuxième ronde.
Car oui, le vainqueur du duel Stars-Wild croisera tout de suite après l’Avalanche du Colorado dans ce qui pourrait être, et même devrait être, une finale d’association.
Mais bon...
Quand on constate que cinq équipes de l’Ouest dont les « champions » de la section pacifique, les Golden Knights de Las Vegas, affichent moins de points que les Capitals de Washington qui sont exclus des séries dans l’Est, on se dit qu’il n’y a rien de parfait dans la LNH... comme dans le monde.
David contre Goliath
Des 35 victoires qu’ils affichent cette saison, les Kings de Los Angeles en ont « célébré » 22 seulement en temps réglementaire.
C’est moins que la moitié des 48 gains à la régulière de l’Avalanche du Colorado qu’ils croiseront en première ronde.
L’Avalanche qui termine l’année avec un différentiel de plus 99 alors que les Kings se retrouvent en séries malgré un différentiel de moins 22...
Ça fait peur!
Si, dans la légende, David a vaincu Goliath, les Kings auront besoin qu’Artemi Panarin soit très efficace avec sa fronde pour que les Kings fassent tomber le géant qui se dresse devant eux.
Et encore.
L’Avalanche du Colorado n’a pas de faille. Ou si peu. Nathan MacKinnon a mis la main sur le trophée Maurice Richard avec ses 53 buts. Cale Makar semble revenu en forme et en santé. Son partenaire Devon Toews semble avoir oublié le vol dont il a été victime lors du match de médaille d’or aux jeux de Milan alors que Connor Hellebuyck l’a privé d’un but qui aurait pu changer le cours de cette partie.
Tout favorise l’Avalanche dans cette série.
Même l’aspect humain favorise le Colorado alors que MacKinnon et sa bande ont la chance de faire, cette année, ce que Joe Sakic et ses coéquipiers ont fait en 2001. Permettre à Brent Burns de soulever, à 40 ans, la première coupe Stanley de son histoire. Ce que Raymond Bourque a fait, à 40 ans, avec l’Avalanche il y a 25 ans déjà.
Vous me direz qu’une conquête des Kings, aussi improbable soit-elle, auréolerait la grande carrière d’Anze Kopitar. Qu’elle permettrait à Artemi Panarin (27 points, dont neuf buts en 26 matchs avec les Kings qui l’ont acquis des Rangers) d’inscrire son nom sur la coupe Stanley pour la première fois.
C’est vrai. Mais ça semble trop beau pour être vrai.
Bon! La dernière fois que j’ai lancé des prédictions dans un duel aussi inégal, les Blue Jackets de Columbus les avaient fait prendre le bord en culbutant, en quatre matchs en plus, le Lightning de Tampa Bay. C’est arrivé en 2019. Et non : ça n’arrivera pas à nouveau cette année.
Prédiction : Colorado en 4
Stars-Wild : un choc de titans
Directeur général du Wild, Bill Guerin a réalisé de grands coups pour rapprocher son équipe de la coupe Stanley. Il a fait de Kirill Kaprisov le joueur le mieux payé de la LNH – pour l’instant – en acceptant de lui offrir 136 millions $ pour huit ans à compter de l’an prochain – moyenne sous le plafond de 17 millions $ – pour s’assurer de le garder au Minnesota et non de le voir se retrouver à New York, Los Angeles, Dallas ou en Floride.
Il a aussi, à la surprise générale, conclu la transaction de l’année qui lui a permis de faire l’acquisition de Quinn Hughes. Il devra le convaincre de ne pas aller rejoindre ses frères (Jack et Luke) à la fin de son contrat, l’an prochain, mais il a fait son acquisition quand même. Une acquisition qui a grandement aidé son équipe.
Il a également gagné la médaille d’or à Milan à titre de DG de l’équipe américaine, mais ça, c’est une autre histoire...
Malgré tout ce que Guerin a fait de bien et de bon, malgré une belle équipe qui joue vite et bien, le Wild n’a pas, du moins à mes yeux, les reins assez solides pour résister aux Stars.
Les Stars sont bons. Ils sont même très bons. Et ils sont équilibrés en ce sens qu’ils sont solides à l’attaque, à la ligne bleue et devant le filet. Jake Oettinger, c’est vrai, peut sembler généreux de temps en temps.
Mais l’équipe devant lui est tellement forte que sa générosité – et rien ne dit qu’il sera généreux face au Wild – ne devrait pas se traduire par des vacances hâtives pour les Stars.
Des Stars qui représentent la seule formation capable de rivaliser avec l’Avalanche. Ce qu’on devrait voir en deuxième ronde.
Prédiction : Dallas en 6
André Tourigny et le clinquant de Vegas
Il n’y a pas plus terre à terre qu’André Tourigny. Le genre de gars plus à l’aise sur une ferme que dans le bruit et les lumières des casinos de Las Vegas.
Mais voilà : pour confirmer la progression de son équipe qui atteint les séries pour la première fois de sa courte histoire à Salt Lake City, pour franchir la première ronde, Tourigny devra s’assurer que ses jeunes joueurs ne soient pas aveuglés pas le clinquant de Las Vegas.
Il devra aussi s’assurer de faire ce qui devra être fait pour rivaliser avec une équipe qui, sous la gouverne de John Tortorella, est redevenue la bonne équipe qu’elle n’était plus en cours de saison.
Si le Mammoth s’apprêtait à croiser les Knights dont les dorures avaient perdu de leur éclat il y a un mois à peine, il faudrait lui donner bien des chances de les battre et de passer en deuxième ronde.
Mais voilà : Tortorella a relevé le mandat que l’état-major lui a donné en l’embauchant avec huit matchs à faire... et seulement pour ces huit matchs : désencrasser une équipe qui était devenue bien trop « confo » dans son armure.
Les Knights s’étaient contentés de huit victoires à leurs 27 derniers matchs (8-15-4) lorsque Bruce Cassidy a été limogé. Ils ont gagné sept des huit disputés depuis l’arrivée de « Torts ». Et leur seul revers, c’est en tirs de barrage qu’ils l’ont encaissé. Ils ont marqué 33 buts et en ont accordé 16 seulement.
Bon! Les Knights ont battu des clubs faibles : deux fois Vancouver, Calgary, Winnipeg, Seattle. Mais ils ont aussi battu Edmonton et le Colorado dont ils ont eu raison en prolongation.
Dans l’entourage des Knights, on assure que loin d’être un tortionnaire, Tortorella a ramené de la bonne humeur dans le vestiaire et sur la patinoire. Il obtient ce qu’il exige de ses joueurs, même des vedettes, et Carter Hart semble avoir retrouvé les moyens d’effectuer plus de gros arrêts que d’accorder de mauvais buts.
Combien de temps ça durera? C’est la grande question.
Le mandat pour André Tourigny et ses jeunes joueurs est donc de déstabiliser les Knights. De les surprendre rapidement et de prendre l’avance dans cette série de manière à faire rugir un peu Tortorella. Avec les conséquences négatives que cela peut entraîner.
Plus facile à dire qu’à faire. Car les Knights forment une équipe bien meilleure que les 95 points qu’elle affiche au classement le laissent croire.
Prédiction : Vegas en 6
Les Oilers à coups d’oreillers
Un coup là où ça fait mal pour les équipes de cette pire, et de loin, section de la LNH au grand complet. Un coup justifié. Pleinement mérité.
Mais derrière les Golden Knights et devant les Kings de Los Angeles, les Oilers d’Edmonton et les Ducks d’Anaheim se retrouvent quand même en séries.
Et le pire dans tout ça, c’est que pendant que le Wild, les Stars ou l’Avalanche s’élimineront lors des deux premières rondes dans le cadre de duels éreintants qui les conduiront épuisés dans une éventuelle finale d’association, les Oilers pourraient surfer tranquillement dans l’autre tableau des séries.
À défaut de croiser les Kings pour une cinquième année de suite en première ronde, McDavid et les Oilers visiteront encore la Californie. Mais pour y affronter les Ducks.
Cette très belle et encore très jeune équipe, cette belle et jeune équipe que Joel Quenneville a fait grandir dès sa première saison derrière le banc, affiche deux victoires de plus que les Oilers cette saison. Eh oui! Merci aux points primes accordées lors des défaites en prolongation ou tirs de barrage.
Les Ducks ont un très bel avenir qui se dessine devant eux.
Mais si on conjugue au présent, les Oilers sont devant. À moins qu’il soit déjà temps de conjuguer au passé pour l’équipe de la capitale de l’Alberta. Ce qui ne sera pas le cas, tant que McDavid endossera cet uniforme.
McDavid et Leon Draisaitl, qui devrait revenir au jeu au cours de la première ronde après avoir raté les 14 derniers matchs de la saison, font des Oilers une meilleure équipe qu’elle ne l’est en réalité.
Evan Bouchard récolte des points à la tonne, mais il a besoin d’en récolter des points pour faire contrepoids à ceux qu’il offre à ses rivaux en raison de ses lacunes défensives.
Mais peu importe ce que McDavid et Draisaitl font de bien, ce sont les gardiens qui détermineront jusqu’où les Oilers iront en séries.
Stuart Skinner les a conduits en finale de la coupe Stanley lors des deux dernières années. Il a malgré tout été chassé d’Edmonton et c’est la cage des Penguins qu’il défendra en séries.
Il est loin d’être acquis que Tristan Jarry ou Connor Ingram, qui semble avoir hérité du rôle de numéro un, seront en mesure de l’imiter cette année.
En première ronde, ce devrait être ok même si les Oilers se battent encore à coups d’oreillers.
Prédiction : Edmonton en 7
C’est ça qui est ça.
Bonnes séries!







