BROSSARD – Jacob Fowler et Samuel Montembeault ont échangé quelques mots, jeudi, et la sagesse du vétéran était pertinente.
« Il m’a dit la même chose que les autres vétérans, qu’il aimerait retourner à ce moment de sa carrière parce que le temps passe si vite donc il faut en profiter », a dévoilé Fowler.
Quelques secondes auparavant, le gardien de 20 ans avait décrit que son approche allait dans ce sens pour ce camp des recrues.
« C’est vraiment surréaliste, c’était un rêve d’enfance de vivre mon premier véritable camp de la LNH, outre celui de développement. J’essaie de tout absorber et d’apprécier l’expérience. Plusieurs joueurs se font piéger par le stress, mais je veux savourer le tout », avait-il lancé en faisant écho au conseil de Montembeault.
Ce qu’on constate avec Fowler, c’est qu’il n’arrive pas dans le milieu professionnel sur la pointe des pieds. Ce n’est pas étranger avec son passage avec le Rocket de Laval en fin de saison et en séries.
« Je suis très chanceux d’avoir eu ce passage avec le Rocket, ce fut très facile de m’intégrer et assimiler ce qui se passait dans le vestiaire, le groupe a été très accueillant. C’est différent quand tu atteins le niveau professionnel, les joueurs se préparent autrement et je voulais bien faire les choses. C’était important dans mon développement », a convenu Fowler.
Tout de même, Fowler pouvait déjà miser sur une personnalité décontractée.
« À son premier match avec nous, il était à ma gauche sur le banc en tant que réserviste, et la première chose qui m’a frappée, c’est qu’il était impliqué dans le match : il parlait et il encourageait. Je trouvais ça cool, on les incite à le faire. C’était bon pour lui de voir le côté professionnel de la LAH. Il a eu des hauts et des bas, ce fut très bénéfique pour lui de travailler avec Marco Marciano (l’entraîneur des gardiens) », s’est rappelé Daniel Jacob, entraîneur adjoint avec le Rocket.
Cet été, le brillant jeune homme a suivi un plan afin de peaufiner des éléments de son style. Il a appliqué les conseils de Marciano en s’entraînant auprès de Mike Ayers (Boston College) et Brian Eklund (organisation des Devils).
« Le but était de s’ajuster au niveau professionnel, tu ne veux avoir aucun mouvement superflu alors que les adversaires peuvent en profiter. Je n’ai pas besoin de me promener partout. Ça sonne cliché, mais chaque action peut jouer un rôle dans l’arrêt supplémentaire. Tu veux être prêt pour ton équipe peu importe l’ampleur du moment », a expliqué Fowler.
« Le rythme grimpe à chaque niveau et il faut réaliser que chaque jeu peut devenir menaçant en une fraction de seconde. Ça implique d’être très vigilant », a-t-il ajouté.
Durant les séries avec le Rocket, Fowler a assimilé de petites habitudes qui seront payantes pour sa carrière. La préparation, physique et mentale, devient cruciale au plus haut niveau.
« Je veux m’assurer d’être prêt à jouer tous les jours. Dans la NCAA, je n’ai jamais joué 50-60 matchs par année. Chez les professionnels, il faut être en mesure d’oublier le dernier match et se préparer pour le prochain », a ciblé le volubile choix de troisième ronde du CH en 2023.
D’ailleurs, Fowler a admis que, par le passé, il était du style à se fixer des objectifs bien précis. À titre d’exemple, l’an dernier, il tenait mordicus à remporter le trophée Mike Richter, remis au gardien de l’année dans la NCAA.
Il a réussi ce tour de force, mais cette saison, il a modifié sa vision.
« J’ai appris à davantage vivre dans le présent, faire de mon mieux chaque jour et le reste suivra. »
Fowler ne parlait pas à long terme avec cette réponse. Mais il a été questionné sur son choix porter le numéro 32 avec le Canadien.
« Parmi les options typiques pour les gardiens, les numéros sont presque tous retirés ou sur le point de l’être », a-t-il reconnu en riant.
Notre mémoire nous disait que peu de gardiens de renom avaient porté le 32 avec le Tricolore. Après vérification, Denis Herron et Mark Holden seraient les seuls.
« Je n’ai jamais porté ce numéro, mais Jonathan Quick était le meilleur gardien américain durant mon enfance. Mon style n’est pas semblable, mais ça paraît bien et il était disponible », a noté Fowler.
On l’écrit uniquement pour le plaisir, mais il reste à voir si Fowler rendra le 32 célèbre à Montréal pour les gardiens après le 1 de Jacques Plante, le 29 de Ken Dryden, le 33 de Patrick Roy et le 31 de Carey Price.





