L’entraîneur du Mammoth de l’Utah André Tourigny ne s’offusque pas de voir que d’anciens joueurs, n’ayant pas d’expérience comme entraîneur, soient approchés par des équipes de la LNH et atteignent le grand circuit par la voie rapide.
Selon les rumeurs, Joe Pavelski, qui a pris sa retraite il y a deux ans, serait pressenti pour rencontrer les Maple Leafs de Toronto, qui sont à la recherche d’un nouvel entraîneur.
De passage au 5 à 7 sur les ondes de RDS lundi, Tourigny est clair. Les succès de Martin St-Louis à la barre des Canadiens de Montréal font boule de neige.
« Il a montré que c’était possible. Il a fait une job extraordinaire. Alors je comprends que des équipes regardent cette avenue. Il n’y a pas qu’une façon de devenir un coach. »
Un entraîneur de carrière comme lui a vite constaté que les joueurs ont une expertise unique à force de les côtoyer et qu’il est faux de croire qu’ils ne peuvent pas accéder rapidement à un poste d’entraîneur malgré une expérience limitée ou inexistante derrière un banc.
« Ils ont été à l’université du hockey pendant 20 ans. Même chose pour Martin St-Louis. Ils ont appris pendant leur carrière. Beaucoup de mes connaissances sont venues de partages avec ces gars-là. Quand j’étais à Denver, je parlais avec Patrick Roy, Adam Foote et Joe Sakic tous les jours. Après, j’allais rencontrer Paul Statsny, Ryan O’Reilly, Alex Tanguay et Daniel Brière. J’ai beaucoup appris à les côtoyer. Ils apportent un angle différent. »
Et de l’expérience, Tourigny en a pris au cours des dernières semaines avec sa première participation aux séries éliminatoires depuis qu’il est entraîneur-chef dans la LNH. Son initiation a duré six parties contre les Golden Knights de Vegas, qui au final, ne sont qu’à deux victoires de soulever la coupe Stanley pour la deuxième fois de leur histoire.
Même si essentiellement le jeu demeure le même, il a rapidement constaté que l’intensité est plus vive et que les revirements sont plus coûteux en séries. Il est surtout très heureux que ses joueurs aient pu découvrir la réalité des séries en groupe.
« C’est l’expérience ensemble durant les séries. Chaque équipe a sa propre façon de faire, son propre ADN et sa propre identité. Les réalités sont différentes même si tu as déjà du vécu en séries. L’important est de le vivre ensemble. »
Le Mammoth est jeune et Tourigny n’hésite pas à dresser un parallèle avec les joueurs des Canadiens de Montréal, qui ont accumulé beaucoup de vécu au cours des deux dernières campagnes.
« Ça ressemble un peu à ce que les Canadiens ont vécu l’an dernier, même s’ils n’ont pas gagné contre Washington. Les joueurs ont pris de l’expérience et ils ont appris des choses. Et ils ont été capables de faire un pas en avant cette année. »
Rien n’assure que les Canadiens seront de retour en séries et Tourigny estime que près de 40% des équipes qui ont atteint les éliminatoires n’y seront pas l’an prochain, mais qu’à long terme, une participation est payante.
« On l’a vu avec la Floride, champion de la coupe, qui a raté les séries. Les Jets de Winnipeg, champion de la ligue l’an dernier, ont raté les séries aussi. Ce que j’ai aimé des Canadiens dans la série contre Tampa Bay, c’est leur sang froid dans les moments difficiles. Montréal a été capable de rester en contrôle dans ces situations contre un bon club comme le Lightning. »
Tourigny suit de près la finale de la coupe Stanley entre Vegas et les Hurricanes de la Caroline. Il est impressionné par le jeu collectif des Golden Knights, qui en imposent avec leur gabarit, qui gagnent des batailles, qui bloquent beaucoup de tirs, mais qui parviennent surtout à récupérer les rebonds en zone défensive. Mais selon lui, leur principale qualité est de pouvoir jouer sous pression.
« Ce qui les démarque selon moi, c’est leur sang-froid avec la rondelle dans les situations critiques. Des fois, ça brasse dans leur zone et ils restent calmes. »




