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Le Canadien en séries : rien n’est acquis!

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L’ascension surprise du Canadien en séries éliminatoires le printemps dernier mousse les attentes des partisans à l’aube de la saison qui se mettra en branle mercredi à Toronto.

C’est normal.

Nick Suzuki s’est hissé parmi les meilleurs centres de la LNH. Laine Hutson surfe sur sa conquête du trophée Calder. Ivan Demidov est considéré comme l’un des favoris pour succéder au jeune défenseur du Tricolore à titre de recrue de l’année. Caufield et Slafkovsky sont en ascension. Noah Dobson renforce la brigade défensive de l’équipe. Samuel Montembeault apporte de la stabilité devant le filet. Martin Saint-Louis occupe (déjà) le cinquième rang dans la LNH pour le plus long séjour en cours derrière le banc de son équipe; en prime, il est considéré comme un excellent entraîneur-chef alors qu’il était vert comme les allées du parcours Augusta National lorsque le Canadien lui a offert de venir diriger l’équipe.

Ça en fait des raisons pour croire aux chances du Canadien d’accéder aux séries.

Mais ce n’est pas tout.

Les leaders du Lightning de Tampa Bay ne rajeunissent pas;

Les Panthers de la Floride se passeront des services de Matthew Tkachuk jusqu’aux Fêtes; en quête d’une troisième coupe Stanley consécutive, les champions devront aussi se passer de leur capitaine et meilleur joueur Aleksander Barkov pour la saison et peut-être même les séries;

Les Maple Leafs de Toronto ont perdu un joueur tout aussi important qu’Auston Matthews en Mich Marner et ils misent sur Anthony Stolarz à titre de gardien numéro un.

C’est un brin inquiétant.

Quand on regarde les réalités du Canadien, mais aussi celles du Lightning, des Panthers et des Leafs, il est donc permis de croire, et de nombreux partisans le font avec enthousiasme, que le Tricolore accédera aux séries par la grande porte en se hissant jusqu’à l’une ou l’autre des trois premières places de la section atlantique et non simplement à titre de club repêché.

Sans Suzuki, point de salut!

Aussi normal soit-il sur le plan passionnel, ce débordement d’enthousiasme est-il raisonnable?

Oui et non!

Oui, parce que si tout va bien dans le meilleur des mondes pour le Canadien, si tout le monde reste en santé que l’attaque massive produit, que Samuel Montembeault donne des chances réelles de gagner à son équipe tous les soirs, le Tricolore sera des séries.

Le plus gros atout du Canadien s’appelle Nick Suzuki. Pas seulement parce qu’il est le meilleur joueur de l’équipe, le capitaine, le leader. Mais parce que Suzuki est toujours présent. Bien qu’utilisé plus de 20 minutes par match et qu’il soit toujours au centre des duels les plus relevés, il a toujours évité les blessures.

Grand bien lui fasse. Grand bien fasse à ses coéquipiers également.

Car sans Suzuki, il n’y a point de salut pour le Canadien et ses partisans. Déjà que le Tricolore compose avec un trou béant au centre de son deuxième trio, la perte de Suzuki minerait ses chances de victoire match après match.

Loin de moins l’intention de jouer au prophète de malheur, mais si le capitaine devait rater 10, 15 ou 20 parties, le Canadien peinerait à gagner plus de deux, trois, voire cinq de ces parties disputées sans Suzuki.

Vous me direz, avec à-propos, que plusieurs équipes autour de la LNH sont aussi vulnérables que le Canadien à ce chapitre. Que leurs chances de victoire s’étioleraient grandement avec la perte de leur leader! De leur meilleur joueur.

C’est vrai pour les Sénateurs d’Ottawa qui livreront un duel au Tricolore pour la quatrième place dans la section atlantique. Des Sénateurs qui ont moins de profondeur que le Canadien.

Mais ce l’est moins pour les Panthers, le Lightning et les Maple Leafs.

C’est pour cette raison que je place la troupe de Martin Saint-Louis au quatrième rang de sa section.

Mais attention! L’écart de 11 points entre les quatre clubs de tête l’an dernier – 108 points pour les Leafs, 97 pour les Sénateurs – pourrait fondre à sept, six, voire cinq points cette année.

Ce qui menacera les prédictions les plus «savantes» mais qui nous donnera une saison exceptionnelle en matière de suspense.

Ailleurs dans l’atlantique :

À Detroit, les Wings semblent refuser de prendre leur envol. C’est surprenant quand on regarde cette équipe de l’extérieur. Ce doit être plus décevant pour ceux et celles qui l’analysent de l’intérieur.

Les Sabres? Cette équipe qui fait trois pas en arrière chaque fois qu’elle donne l’impression d’être en mesure d’en faire deux par en avant, ratera les séries pour une 15e année de suite.

Ils seront pires que les Bruins.

Bien qu’il soit très difficile d’avancer avec conviction l’allure du classement dans la section atlantique en mars prochain, j’ai l’impression que ça ressemblera à ceci :

Section Atlantique

  1. Tampa Bay
  2. Toronto
  3. Floride
  4. Montréal
  5. Ottawa
  6. Detroit
  7. Boston
  8. Buffalo

Les quatre premiers clubs seront des séries.

Vers un retour des Rangers?

Seulement trois équipes de la section métropolitaine ont accédé aux séries le printemps dernier.

Les Capitals – que j’avais exclus dans mes prédictions du début de saison – ont finalement terminé au premier rang. Ils ont aussi éliminé le Canadien en cinq matchs en première ronde.

Seront-ils des séries encore cette année?

Peut-être. Mais ils ne seront pas champions.

Ce titre je l’accorde sans retenue aux Hurricanes de la Caroline qui sont sortis bien plus gagnants que plusieurs le croient de l’aventure Mikko Ratanen avec l’acquisition de Logan Stankoven. En plus, ils ont ajouté Nikolaj Ehlers à leur force de frappe offensive et demeurent l’un des meilleurs clubs défensifs de la LNH.

Ça ne se traduira peut-être pas en conquête de la coupe Stanley, mais ce club a tout ce qu’il faut pour survoler la saison régulière.

Tout a souri aux Caps l’an dernier. L’ascension d’Alexander Ovechkin vers le premier rang des meilleurs francs-tireurs de la LNH devant Wayne Gretzky a galvanisé son équipe.

Spencer Carbury a fait un boulot colossal derrière le banc. Logan Thompson a connu une saison de rêve avant de revenir un brin à la normale dans le dernier droit du calendrier régulier et en séries.

L’effet Ovechkin est passé. Logan Thompson est redevenu Logan Thompson. Oui il y a encore Pierre-Luc Dubois qui a relancé sa carrière à Washington l’an dernier, Tom Wilson qui pourrait peut-être être des prochains Jeux olympiques, Dylan Strome, le géant Aliaksei Protas.

Mais les Hurricanes sont meilleurs... À mes yeux.

Les Devils, malgré la déferlante de blessures qui a balayé leur vestiaire, ont accédé aux séries l’an dernier. Avec Jack Hughes en santé, les Devils devraient devancer les Capitals. Selon moi.

Ce qui nous amène à la grande énigme de la section métropolitaine : les Rangers de New York.

Cette équipe a connu une saison désastreuse l’an dernier. Le diable était aux vaches dans le vestiaire. Les joueurs contestaient ouvertement l’état-major de l’équipe et les manières de leur patron Chris Drury. Tout ça s’est traduit par ce qui donnait l’impression d’être une mutinerie sur la patinoire.

Peter Laviolette n’a pas été en mesure de redresser son club et ça lui a coûté son poste.

Voilà Mike Sullivan derrière le banc.

Il est l’un des bons entraîneurs-chefs de la LNH. Il a toujours su obtenir le respect de ses joueurs et leur implication sur la patinoire.

Sullivan et les Rangers ont donné une indication claire d’un grand «reset» en nommant J.T. Miller capitaine. Chris Kreider et Jacob Trouba sont partis. Ça laisse de grands vides, mais ça devrait aussi adoucir le climat de travail.

Les Rangers manquent de profondeur autant en attaque qu’en défensive. Mais il y a encore des joueurs de premier plan au sein de cette formation.

Alexeï Lafrenière a l’occasion de prendre le contrôle de cette équipe. De devenir le joueur de franchise que son titre de tout premier choix de la cuvée 2020 laissait entrevoir à son entrée dans la LNH.

Les Rangers comptent aussi sur un des meilleurs gardiens de la LNH en Igor Shesterkin. Il a été ordinaire l’an dernier. On en conviendra tous. Mais le gars voyait que ses chums se fichaient de tout devant lui, pourquoi alors aurait-il tenté de leur sauver le derrière?

L’atmosphère plus sereine dans le cadre d’une relance moussée par Mike Sullivan devrait se traduire par de meilleures performances de tout le monde chez les BlueShirts, par plus de victoires et par un retour en séries éliminatoires.

Les Rangers, les Caps et les Blue Jackets se battront férocement pour les troisième, quatrième et cinquième places de leur section.

Les Blue Jackets ont surpris la LNH l’an dernier en surmontant les conséquences de la tragédie qui a coûté la vie à leur leader Johnny Gaudreau. Zach Werenski – 23 buts, 82 points – a terminé au deuxième rang dans la course au trophée Norris en plus d’être considéré à titre de joueur le plus utile à son équipe dans la LNH. Dean Evason aurait remporté le Jack Adams n’eût été la première saison phénoménale de Spencer Carbery à Washington.

Il sera difficile pour les Jackets d’être aussi bons que l’an dernier. D’être en mission comme ils l’ont été toute l’année.

Ce qui m’incite à les exclure des séries.

Cela dit, je crois que la section métropolitaine enverra quatre clubs en séries le printemps prochain. Un de plus qu’il y a six mois.

Ce qui forcera le Canadien et les Sénateurs à s’accrocher au quatrième rang dans l’atlantique.

Les Islanders préparent leur ascension au classement. Mathieu Darche a déjà réalisé de très bons coups dans le cadre du repêchage. Il ramènera son équipe en séries. Mais ça prendra quelques années.

Les Flyers? Plus de questions que de réponses sont associées au club de Daniel Brière. J’aime beaucoup la nomination de Rick Tocchet derrière le banc. J’aime moins les joueurs qu’on met à sa disposition. Mais bon! Peut-être que Tocchet, qui a la poigne serrée, pourra en redresser quelques-uns et obtenir plus de résultats.

Les Penguins? L’avenir immédiat de Sidney Crosby et la possibilité qu’il accepte de quitter Pittsburgh seront les seules raisons valables de suivre les Penguins cette année.

Si tout va comme je l’anticipe – et les Dieux du hockey s’assureront de tout chambarder j’en suis convaincu – le classement pourrait ressembler à ceci.

Section métropolitaine

  1. Caroline
  2. New Jersey
  3. New York (Rangers)
  4. Washington
  5. Columbus
  6. New York (Islanders)
  7. Philadelphie
  8. Pittsburgh

Les quatre premières places accéderont aux séries.

Comme toujours, ces prédictions sont proposées avec de grandes doses de prudence et d’humilité. Car mille et un facteurs, à commencer par les blessures, peuvent vite les envoyer par-dessus bord.

Demain : les prédictions dans l’Ouest.