Après une exceptionnelle deuxième saison dans la LNH, Macklin Celebrini a signé un contrat record de cinq ans et 94 millions $, soit une moyenne de 18,8 M$ par année.
Une prolongation méritée digne de ce joueur générationnel qui a établi une marque d’organisation chez les Sharks de San Jose avec une récolte de 115 points tout en ayant terminé avec le deuxième plus grand nombre de buts (45) dans l’histoire de l’équipe. C’est ce qui lui a d’ailleurs valu d’être finaliste au trophée Ted-Lindsay remis annuellement au meilleur joueur de la LNH, tel que voté par les pairs.
Le directeur général Mike Grier a sorti son chéquier pour le premier choix au total du repêchage 2024 et le contrat de 18 M$ offert à Leo Carlsson en réponse à une offre hostile a été un facteur dans les négociations. Mais Grier a mentionné que Celebrini s’est assuré de laisser une certaine flexibilité financière à l’organisation et qu’il a fait preuve de maturité durant le processus.
« On ne connaissait pas complètement le paysage avant de commencer les négociations. L’offre hostile a changé un peu le portrait, a admis le DG. Mais de notre côté, on était prêts à toute éventualité pour Mack. Avec ce qu’il a démontré lors de ses deux premières saisons dans la LNH (70 buts et 108 passes en 152 matchs en carrière), ses performance aux Olympiques et au Championnat mondial, il était dans ses droits d’exiger le maximum. On est reconnaissant qu’il nous ait donné un peu de flexibilité pour agir; il a accepté un peu moins d’argent pour nous permettre de continuer à bâtir l’équipe. Il a montré son engagement envers l’équipe et c’était mature de la part d’un jeune joueur comme lui.
« Je pense que ç’a [l’offre hostile] changé le paysage et l’écosystème des joueurs. Mais c’est la nouvelle LNH. Ç’a changé un peu les choses, mais même avant que ça se produise, on savait un peu à quoi s’attendre pour Mack. »
Grâce à Celebrini, les Sharks ont fait un bond au classement la saison dernière, cumulant 19 victoires et 34 points de plus. Malheureusement, ce ne fut pas suffisant pour mettre fin à une disette de sept années sans accéder aux séries éliminatoires.
Vu comme le successeur de Sidney Crosby et Connor McDavid chez le Canada en compétitions internationales, l’athlète de 20 ans a aussi été le meilleur buteur de l’unifolié (5) aux Jeux olympiques de Milan-Cortina cet hiver quand il a remporté l’argent.
Celebrini se garde des options
Grier a affirmé que les deux parties souhaitaient s’entendre le plus rapidement possible. Pour Celebrini, « l’important était de pouvoir se concentrer sur sa préparation et la prochaine saison sans distraction ».
Mais le DG ne s’en cache pas : un joyau de la trempe de Celebrini, il aurait bien aimé le garder sous contrat pour le maximum prévu par la convention collective, soit huit années plutôt que cinq. De la perspective du joueur toutefois, ce n’est pas une décision surprenante en sachant qu’il pourrait exiger un salaire encore plus impressionnant au terme de l’entente.
« Tout directeur général qui compte sur un joueur de la qualité de Mack aurait aimé se rendre au maximum de huit ans. Mais nous sommes heureux qu’il se soit engagé pendant cinq ans. Je comprends que chaque joueur est différent : certains joueurs veulent la sécurité de signer pour le plus d’années possibles alors que d’autres veulent voir comment se déroulent les choses. C’est compréhensible dans son cas. Ça lui donne la flexibilité de voir l’état du plafond salarial dans cinq ans, de voir si l’équipe est compétitive et lui donne la chance de gagner. Ça lui donne des options pour l’avenir. »
Celebrini est bien entendu le visage des Sharks, mais l’organisation jouit enfin d’un nouveau noyau de jeunes joueurs prometteurs qui laissent entrevoir que l’équipe pourra se battre en séries pendant longtemps avec Michael Misa, Will Smith, Collin Graff, Igor Chernyshov et Sam Dickinson lorsqu’ils sont bien entourés.
Grier a d’ailleurs parlé du défi de naviguer comment bâtir son équipe lorsque certains joueurs accaparent la majeure partie de la masse salariale et qu’il faut compléter l’effectif en gardant tout de même un certain équilibre.
« Le défi est de déterminer qui est le noyau et de s’assurer de prendre les bonnes décisions. Ensuite, c’est de continuer à faire de bonnes sélections au repêchage et de bien développer, puis trouver quelques perles sur le marché à moindre coût pour venir en support au groupe. »
Graff est présentement joueur autonome avec restriction, n’ayant toujours pas conclu d’entente, tandis que Smith le deviendra au terme de la prochaine campagne.
« On a eu des discussions avec les trois dans les derniers mois. Ils se trouvent tous à des différentes étapes de leur évolution. Mais vous voulons certainement s’entendre avec Will à long terme, c’est dans les plans. S’il faut attendre à l’été prochain, ainsi soit-il. Graff et Smith sont d’excellents joueurs et nous les voulons avec nous pour longtemps. Mais je crois que Mack est une bête différente. Je ne pense pas que ça va affecter vraiment leur contrat. »
Les Sharks ont sélectionné l’ailier gauche suédois Ivar Stenberg au deuxième rang au dernier repêchage, puis les défenseurs Keaton Verhoeff (9e) et Ryan Lin (21e) avec leurs deux autres choix de première ronde. Ces deux derniers participent présentement à la vitrine estivale d’Équipe Canada junior.
Plus tôt durant la saison-morte, Grier a par ailleurs amené du renfort avec des vétérans comme l’attaquant Mason Marchment et le défenseur Jacob Trouba via le marché des joueurs autonomes, et un autre arrière, Darnell Nurse, acquis par voie de transaction.
Le nouveau contrat de Celebrini maintenant conclu, les Sharks peuvent passer aux choses sérieuses pour 2026-2027.
« On continue de prendre faire des pas dans la bonne direction », affirme Grier.




