Ils sont jeunes et moins expérimentés que le reste du plateau, mais les Québécois Aurélie Moisan et Arnaud Gaudet ne seront ni intimidés par leurs adversaires, ni par l’ampleur du moment aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.
« C’est un peu surréel, encore maintenant, de me dire que j’y vais, a admis Moisan en visioconférence d’Autriche, où Gaudet et elle se trouvaient mercredi. Depuis les deux dernières années, ç’a été un objectif plus concret, mais plus on s’en approchait, moins ça me semblait réel. (Quand je l’ai appris), ç’a été vraiment un moment spécial. »
« Les qualifications ont quand même commencé l’an passé pour nous et j’ai réussi à me qualifier dès l’an dernier, a rappelé Gaudet. Le stress était donc parti cette année. (...) La semaine dernière, j’ai réussi mon premier podium en géant. Ça me donne un boost de confiance. »
Les deux planchistes alpins, respectivement âgés de 21 et 25 ans, surfent sur un vague de bons résultats depuis quelques mois et ils arriveront en Italie pleins de confiance, visant tous deux un top-8 au slalom géant parallèle du 8 février prochain.
« Définitivement. Ça fait quelques années qu’à l’entraînement en géant, ça va super bien, mais j’avais de la difficulté à retrouver les mêmes sensations en compétition. L’an dernier, ç’a débloqué, a noté Gaudet. J’ai commencé à faire des finales, des top-16.
« Je sais que si tout va bien, les deux nous sommes capables de faire un podium », a-t-il renchéri.
« Cette année, j’ai réussi à prendre beaucoup de confiance, surtout dans les finales, a pour sa part indiqué Moisan. Il y a une amélioration que je trouve évidente par rapport à l’année passée, ce qui me donne vraiment confiance en arrivant aux Jeux. (...) La constance me rassure aussi un peu. Ça me montre que je suis capable de le faire. »
Gaudet avait terminé 26e à ses premiers JO, à Pékin en 2022. Depuis, ses résultats sont en ascension, jusqu’à une deuxième place acquise le 17 janvier à la Coupe du monde de Bansko, en Bulgarie. Il ne croit pas que son expérience de Pékin fasse une énorme différence en Italie.
« Je ne le vois pas comme ça. En Chine, c’était la COVID, il n’y avait pas de spectateurs. Ça va être une toute nouvelle expérience pour moi. Ça ne me stresse pas trop. »
Et Gaudet ne voit pas la compétition comme telle d’un oeil différent.
« C’est une course comme les autres, même s’il y a plus d’enjeux, a affirmé l’athlète de Montcalm. Pour moi, ça va être comme une journée en Coupe du monde. Ma préparation est la même pour les Jeux que celle en Coupe du monde. »
De son côté, Moisan, triple championne du monde junior, est heureuse d’avoir pu «apprivoiser» cette scène en participant aux Mondiaux séniors l’an dernier, où elle s’est classée 17e en géant, la discipline au programme olympique.
« Je me compte vraiment chanceuse, car, selon moi, c’est ce qui se rapproche le plus des Jeux olympiques. C’était un peu plus stressant, donc, je me sens un peu plus prête, même si le ‘feeling’ rendue là-bas, ce ne sera pas comme une Coupe du monde. C’est beaucoup plus gros comme événement. C’est pour ça que je suis contente d’avoir eu les Mondiaux. »
Autant Moisan que Gaudet ne seront pas désavantagés de ne pas connaître la piste de Livigno, puisqu’elle n’a pas été utilisée jusqu’ici en Coupe du monde, ni même pour une épreuve test.
« Personnellement, je ne suis jamais allé à Livigno, a raconté Gaudet. Comme nous n’avons pas eu de Coupe du monde là-bas, tout le monde est un peu au même niveau de désavantage, même si certains ont pu s’entraîner sur la piste. »
« Ce sera un peu une surprise, a ajouté Moisan. Mais parfois, il y a de nouvelles pistes en Coupes du monde; ce ne sera pas quelque chose de trop nouveau pour nous.
« L’expérience fait une grosse différence. Il y a tant de variables qu’on ne peut contrôler : la neige, la température, la piste. Il y a beaucoup d’adversaires qui ont beaucoup plus d’années sur le circuit ou de Jeux olympiques que nous. Mais je ne crois pas que ce soit un facteur limitant; tout peut arriver », a-t-elle poursuivi.
Moisan et Audet tenteront de mettre fin à une disette canadienne de 16 ans : la dernière médaille du Canada au slalom géant parallèle remonte aux Jeux de Vancouver 2010, alors que le Québécois Jasey Jay Anderson avait remporté l’épreuve.






