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Maradona n’aurait pas eu une attention égale dans ses derniers jours

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Un agent de sécurité de Diego Maradona lors de sa convalescence post-opératoire en 2020 a dressé mardi, au procès sur les circonstances de sa mort, un tableau alarmant de la star dans ses derniers jours, manifestement en déclin, mais objet d’une attention très inégale.

Anibal Dominguez était l’un des gardes à la résidence de Tigre (nord de Buenos Aires), officiant jusqu’à trois jours de la mort de Maradona, le 25 novembre 2020. Il déposait mardi au procès de sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) pour potentielles négligences ayant contribué à la mort de l’idole du football argentin.

« Les rares fois où je l’ai vu, il était gonflé. Comme s’il faisait de la rétention d’eau, comme enflé », a-t-il déclaré. Parfois « il se faisait dessus, il n’arrivait pas à aller aux toilettes », a-t-il ajouté, rappelant qu’une toilette chimique avait été installée dans la chambre.

Le témoin a suggéré que l’attention dont faisait l’objet Maradona laissait à désirer. Il a évoqué notamment Leopoldo Luque, un des principaux accusés, alors considéré comme médecin de confiance de la star, et désigné par plusieurs témoins comme celui qui avait autorité sur la convalescence.

Le médecin « devait venir, et il ne venait pas », s’est souvenu Anibal Dominguez, dont des messages audio d’alerte ont été diffusés au procès. « Nous, on n’y arrivait pas avec Diego, il était de mauvaise humeur, il traitait mal tout le monde ». Leopoldo Luque s’est rendu à Tigre le 22 novembre.

Mais le témoin a aussi suggéré que la révérence que suscitait Maradona, et son irascibilité, empêchaient l’entourage de lui dire la vérité sur son état, trahissant une forme d’impuissance.

Même Leopoldo « Luque, il le mettait dehors, il lui a craché dessus, puis il (Luque) attendait un moment et revenait lui parler. La situation n’était pas bonne, parce que c’était le médecin, et aussi son ami ».

« Il n’allait pas bien, mais en même temps on ne pouvait pas lui dire non. On ne pouvait pas entrer en conflit avec Diego, sinon c’était pire, il explosait », s’est-il désolé. « Le chef, c’était Diego ».

Maradona est décédé à 60 ans, d’une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit de cette maison louée pour sa convalescence. Après, selon des témoignages de médecins-légistes, plusieurs heures d’agonie.

Au procès sur sa mort, dans son 4e mois, les accusés nient une quelconque responsabilité, se retranchant pour la plupart derrière leur spécialité, leur rôle segmenté, sans lien direct avec les causes cliniques du décès. Le procès pourrait s’étirer au-delà d’août.