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Alouettes : top-10 des moments les plus insolites

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J’ai couvert toutes les saisons des Alouettes depuis 1996, à l’exception de deux. Que ce soit comme reporter, animateur et descripteur, j’en ai vu et entendu de toutes les sortes.

Voici mon classement des dix moments les plus insolites des 30 dernières années. Je tiens à remercier mon fidèle complice, Pierre Vercheval, dont les nombreuses anecdotes m’ont inspiré cette liste.

10- Tu ne connais pas Guy Lafleur?

Septembre 2001… Les Alouettes cherchent désespérément un botteur de dégagement. Terry Baker, qui accomplit habituellement cette tâche, souffre d’une fracture à une main et son plâtre l’empêche d’attraper le ballon. Bill LaFleur, un Américain, s’amène en renfort la veille d’un match à Régina, mais il a besoin d’un chandail à son nom. Le gérant d’équipement, qui n’a pas de machine à coudre dans ses valises, confie à un contact local le mandat de broderie. Une tâche toute simple, dites-vous? Le jour du match, ce n’est pas LaFleur qui est cousu sur le chandail, mais plutôt LaFluer! Comment ils disent déjà en anglais? « You had one job »! Tu avais une seule mission!

9- Tu ne connais pas Wayne Gretzky?

Restons dans le domaine du textile. En 2005, le plaqueur Clinton Wayne se voit octroyer le numéro 90. Il n’y a rien d’étonnant puisque les joueurs de ligne défensive portent presque tous un numéro compris dans la dernière dizaine. Je profite d’une pause lors d’un entraînement pour m’approcher de Wayne et lui demander : « Hé Clinton, pourquoi n’as-tu pas exigé le numéro 99? ». Il me regarde, confus. Je lui explique alors que le plus célèbre athlète à avoir porté le 99 est Wayne Gretzky et que s’il avait le même numéro, on pourrait voir sur son chandail « Wayne 99 ». Dès le lendemain, qui se pointe à l’entraînement, tout fier de me montrer son nouveau chandail? Wayne 99!

8- Ne vous fiez pas aux cheveux gris

L’acteur Burt Reynolds est un grand amateur de football. Il a longtemps pratiqué ce sport, a personnifié un quart-arrière prisonnier dans la film Plein la gueule (The Longest Yard) et a été copropriétaire d’une équipe de la USFL. De passage à Montréal pour le tournage d’un film, la vedette américaine est invitée par le propriétaire Robert Wetenhall à s’adresser aux joueurs avant un match en septembre 2000. Au terme de son allocution, Reynolds, 64 ans, arrête son regard sur Pierre Vercheval, assis près de la sortie. À 35 ans, bientôt 36, « Verch » détonne parmi ses jeunes coéquipiers en raison de sa chevelure poivre et sel. « Je ne savais pas qu’il y en avait un plus vieux que moi ici aujourd’hui! », lance Reynolds, provoquant l’hilarité.

7- Tout ça pour ça?

Hollywood débarque au stade olympique en mai 2001 pour un méga tournage. La somme de toutes les peurs (The Sum of All Fears) est un thriller d’espionnage mettant en vedette Ben Affleck et Morgan Freeman et le football est au cœur de l’intrigue. Des joueurs des Alouettes, dont Pierre Vercheval, Mike Sutherland et Bruno Heppell, et des Argonauts tournent un nombre ahurissant de scènes durant trois jours. Toutes les situations de jeux, ou presque, sont exécutées. L’expérience, bien qu’enrichissante, est avant tout exténuante. À peine 30 secondes de football sont finalement conservées au montage et même en visionnant chaque scène au ralenti, on ne reconnaît personne sauf le quart-arrière. Il porte le numéro 13 et le nom sur son chandail est Calvillo!

6- « Frank Drebin, brigade spéciale! »

Nous sommes à l’été 1999. L’entraînement des Alouettes est terminé. Mon collègue caméraman et moi marchons aux abords du stade olympique vers notre camion. Plusieurs roulottes de luxe sont stationnées sur l’avenue Pierre-de-Coubertin. Un important tournage cinématographique a lieu tout près. Qui est le réalisateur? Qui sont les acteurs? Impossible de savoir, alors je m’installe sur le trottoir et j’attends. Et j’attends. Au bout d’une trentaine de minutes, je vois un sexagénaire aux cheveux tout blancs sortir d’une roulotte, le pas léger. Non! Pas vrai! C’est lui! Leslie Nielsen, celui qui incarne le policier maladroit Frank Drebin dans la franchise de films « L’Agent fait la farce »! Fébrile, je m’empresse d’aller à sa rencontre. Il est seul, sans agent de sécurité. Je lui demande s’il veut m’accorder une entrevue et il accepte tout bonnement. Il est drôle et attachant, comme au grand écran. Il conclut notre entretien en fredonnant « Alouette, gentille Alouette, Alouette, je te plumerai! » Quelques minutes plus tard, des joueurs des Alouettes, dont Elfrid Payton, s’arrêtent à leur tour pour saluer le légendaire acteur. Un chic type.

5- « Je ne veux pas te parler! »

Pierre Vercheval n’est pas encore un membre des Alouettes en 1997. Il porte les couleurs des Argonauts de Toronto. Il aime bien jaser avec ceux qu’il croise sur le terrain une heure ou deux avant les matchs. Il profite de la visite des Alouettes pour renouer avec un ancien coéquipier, le botteur Terry Baker. La discussion, qui dure quelques minutes, tourne autour de la famille, du football et de la météo. Rien de très sérieux, mais Baker dispute ensuite l’un des pires matchs de sa carrière. Il rate trois placements et les Alouettes s’inclinent par sept points. Un mois plus tard, les Alouettes sont encore à Toronto, cette fois pour y disputer la finale de l’Est. Vercheval s’approche à nouveau de Baker qui s’échauffe. « Sacre ton camp, Verch! Je ne veux pas te parler! », rouspète le botteur dont les récents malheurs sont encore frais à sa mémoire. « Voyons, Terry! Tu me connais. Je veux juste jaser un peu! », réplique le ratoureux joueur de ligne. Je vous laisse deviner la suite. Baker rate trois autres placements et les Alouettes s’inclinent par sept points!

4- Au coin des petits

Ezra Landry gagne rapidement le cœur des partisans en 2004. À son premier match dans la LCF, il inscrit un touché de 110 verges sur un retour de placement raté. On l’aime parce qu’il est rapide, spectaculaire et négligé. À cinq pieds et quatre pouces, Landry n’est pas supposé réussir dans un monde de géants. Sa taille fascine et intrigue. Un journaliste pousse l’audace en lui demandant de poser pour son collègue photographe en tenant un ruban à mesurer pour prouver sa petite taille. Landry garde son calme et refuse poliment avant de mettre fin à l’entretien. J’en connais quelques-uns qui auraient fait avaler au journaliste son mètre ruban en un rien de temps.

Ezra Landry, impossible à attraper comme un petit cochon graissé! Souvenir du premier match d'Ezra Landry où le petit joueur explosif avait réussi un retour de botté de placement de 110 verges.

3- Un accident tellement bête

Il s’agit du dernier entraînement complet de la saison 2000. Les Alouettes travaillent sérieusement, mais pas trop intensément à 48 heures du match de la Coupe Grey. Une trentaine de minutes avant la fin de la séance, Steve Charbonneau entre en contact avec un coéquipier et chute. Un cri attire immédiatement l’attention des journalistes.

Le ciel tombe sur Steve Charbonneau avant la Coupe Grey Reportage de David Arseneault sur la malchance de Steve Charbonneau avant la finale de la Coupe Grey en 2000.

Charbonneau reste au sol durant de longues minutes avant d’être amené au banc des joueurs, un sac de glace sur une cheville. Le plaqueur doit jouer un rôle important contre l’attaque terrestre des Lions de la Colombie-Britannique, mais quand le match commence, il n’est pas en uniforme. Appuyé sur des béquilles, Charbonneau assiste à la défaite des siens, un match au cours duquel ses adversaires gagnent 260 verges au sol.

2- Bye Bye Mon Cowboy

Les partisans sont nombreux sur le coup de midi au centre-ville de Montréal. Les membres de l’édition 2001 des Alouettes y sont présentés un à un à l’aube du premier match en saison régulière. Le président Larry Smith, qui vient d’avoir 50 ans, est dans une forme resplendissante et il en profite pour effectuer quelques push-ups, au grand plaisir de la foule. Le directeur général Jim Popp, qui aime beaucoup se mettre à l’avant-scène, embarque sur le dos de son patron en lui servant quelques claques aux fesses, tel un cowboy sur son cheval. Un moment cavalier.

1- Un choix posthume

Les premiers mois d’existence des nouveaux Alouettes sont marqués par quelques faux pas. En janvier 1996, le propriétaire James Speros rencontre les médias à son arrivée à l’aéroport avec la coupe Grey dans ses bagages. C’est le choc quand on constate qu’il trimballe le trophée dans un sac de poubelle! En mai, les Alouettes participent à leur première séance de repêchage. Remplis de bonnes intentions, ils utilisent leur choix de cinquième ronde pour réclamer l’ailier défensif québécois James Eggink. Le hic? Il est décédé des suites d’un cancer trois mois auparavant!