COLLABORATION SPÉCIALE
Plus de 800 joueurs ont disputé au moins un match avec les Alouettes depuis 1996. Si on vous demandait d’en identifier quelques-uns, vous répondriez Calvillo, Boulay ou Dequoy en un rien de temps. D’autres noms ont aussi marqué les esprits en raison de leur originalité. Je dresse ma liste des dix patronymes les plus inusités des 30 dernières années.
10- Tyron Rush (demi offensif, 1996)
Un aptonyme est un nom de famille ou un prénom qui possède un sens lié à la personne qui le porte, le plus souvent en relation avec son métier. Par exemple, un pompier nommé Laflamme ou une pêcheuse répondant au nom de Poisson. Tyrone Rush était donc tout désigné pour jouer au football. Si vous êtes moins familier avec le terme rush, il se traduit par « course ».
9- R-Kal K-Quan Truluck (ailier défensif, 2001, 2006-2007)
Johnita Truluck n’a pas encore arrêté son choix sur un prénom quand elle accouche d’un garçon à l’hôpital. Un infirmier, impressionné par les bras déjà musclés et le calme du poupon, lui suggère R-Kal K-Quan qui signifie « souverain du lac » en swahili. La mère accepte la proposition, mais décide de n’en conserver qu’une partie, R-Kal.
8- Bear Woods (secondeur, 2011-2016)
Sur son baptistère, il est inscrit Jonathan Mark Woods, mais tout le monde l’appelle Bear. C’est à croire que son grand-père, qui lui a donné ce surnom, savait que son petit-fils allait jouer au football. Sur un terrain, Bear Woods a les mêmes qualités qu’un ours en forêt : puissant, intelligent et un flair incroyable pour anticiper les gestes de ses adversaires.
7- Mawuko Tugbenyoh (ailier défensif, 2005)
En 2005, je ne décrivais pas encore les matchs des Alouettes, mais quel plaisir aurais-je eu à mettre l’accent sur chaque syllabe! « Maaaaah - WOOOOO – koooo / tou - GBÉ – niooooo! »
6- Lamont Brightful (demi de coin et retourneur, 2006)
C’est un homme joyeux, lumineux et je dirais même radieux qui se joint aux Alouettes en 2006. Lamont Brightful est clairement un athlète brillant. Ses performances sont éclatantes, éblouissantes, étincelantes. Je m’arrête ici. J’ai épuisé tous mes synonymes.
5- Winston October (demi défensif et retourneur, 1999-2000)
Il a signé son contrat en juin, a réussi une interception en juillet, a repris son souffle en août, a réalisé un long retour de botté en septembre, a inscrit son premier touché en novembre, a pris des vacances en décembre, est devenu joueur autonome en février, il aime peut-être la musique de Bruno Mars, Avril Lavigne ou Marie-Mai, mais n’a jamais rencontré Marie-Ève Janvier. Mesdames et messieurs, voici Winston October!
4- Uzooma Okeke (bloqueur, 1997-2006)
L’annonceur-maison au stade Molson, Jacques Moreau, n’avait pas son pareil pour le présenter : « Le numéro 53, number fifty-three…Ouuu-zooo-ma Ooo-kééé-kééé! »
3- Bo Bowling (receveur de passes, 2011-2014)
Le patronyme Bowling tire ses origines de la géographie. Il s’agit d’un ancien village du nord de l’Angleterre. Bowling est aussi le nom d’un jeu d’adresse que vous connaissez bien. Quant à Bo Bowling, il n’a jamais disputé une partie parfaite, mais il avait de l’énergie en réserve pour ne jamais se retrouver sur le carreau et se laisser abattre.
2- Muadianvita Machez Kazadi (secondeur, 1999)
Muadianvita est un prénom d’origine congolaise qui signifie « enfant de la guerre » en langue tshiluba. Kazadi est un nom de famille aux connotations de leadership, force et de résilience, mais pour ses coéquipiers à l’époque, il était tout simplement « Kaz ».
1- Don Callis (demi défensif, 2025-2026)
« Un Callis de bon joueur », « D. Callis se fait montrer la porte » et « Callis, il est de retour! » sont des jeux de mots populaires sur les réseaux sociaux. On a même présenté Don Callis à son homonyme, un ancien lutteur devenu gérant, commentateur et acteur. Tout ce que je souhaite à Callis, c’est de remporter la coupe Grey et boire du champagne à même le calice du football canadien.





