SAN FRANCISCO – Prédire une défaite à l’équipe qui nous a fait tant aimer la NFL, ça ferait un pincement au coeur. Décortiquons les forces en présence pour le Super Bowl LX et voyons si la logique l’emportera.
D’entrée de jeu, ça représente une surprise que le match ultime oppose les Patriots de la Nouvelle-Angleterre aux Seahawks de Seattle. Il aurait fallu un brin de folie pour y croire en début de saison alors que les prévisions oscillaient entre 50 à 80 contre 1 pour ces deux clubs.
Maye peut-il s’imposer devant Darnold?
Sam Darnold constitue la plus belle histoire de ce Super Bowl. Avec la résilience démontrée durant son parcours, on se dit qu’il faudrait qu’un tramway de San Francisco lui roule sur le corps pour qu’il ne se batte pas jusqu’à la fin du match.
Avec l’efficacité de Kenneth Walker comme porteur de ballon et la qualité de ses receveurs, particulièrement Jaxon Smith-Njigba et Cooper Kupp, Darnold devrait être en mesure de connaître un solide match.
La question demeure de découvrir si les Patriots parviendront à le surprendre et l’embêter avec leurs tactiques défensives.
Quant à son vis-à-vis, Drake Maye, il arrive avec une part d’insouciance attribuable à sa deuxième année dans la NFL. On entend dire qu’il veut le ballon dans ses mains pour les grands moments. Ce sera à lui de le démontrer pour réussir quelques jeux clés alors que son porteur de ballon Rhamondre Stevenson devra connaître une autre bonne rencontre.
Quelle autre arme offensive s’illustrera?
Les possibilités sont nombreuses à commencer par le receveur Jaxon Smith-Njigba qui s’est hissé au sommet de la NFL avec 1793 verges aériennes. Si détendu cette semaine, on ne l’imagine pas crouler sous la pression. Avec la polyvalence qu’il détient, ça semble inévitable de le voir réussir quelques coups d’éclat pour Seattle.
Notre deuxième choix serait le porteur de ballon Rhamondre Stevenson des Patriots qui a été crucial durant les éliminatoires. Stevenson racontait qu’il jouera pour son père qui est décédé en mars.
Kenneth Walker, le demi offensif de Seattle, apparaît comme une option intéressante, mais les Patriots n’ont alloué que 71,3 verges par match éliminatoire. Cela dit, l’opposition n’a pas été aussi dangereuse que Walker.
Terminons avec un trio de receveurs expérimentés : Stefon Diggs et Mack Hollins des Patriots ainsi que Cooper Kupp des Seahawks. Pour Diggs, il a eu si souvent le cœur brisé par les Chiefs quand il jouait pour les Bills qu’il ne voudra rater sa chance de briller au Super Bowl. Pour Hollins, son originalité est si divertissante qu’on voudrait voir l’homme aux pieds nus s’éclater. Quant à Kupp, il serait déjà un entraîneur exceptionnel tellement ses connaissances sont élevées si bien qu’on l’imagine déceler certaines failles chez les Pats.
À moins que la prestation déterminante survienne sur les unités spéciales avec le menaçant Rashid Shaheed?
La défense des Patriots désire plus de respect
Les Patriots ne sont pas tombés dans le piège de le réclamer devant les médias, mais ça les motive – et les agace – qu’on parle beaucoup plus souvent de la solide défense des Seahawks.
Calme et souriant, le demi de coin Christian Gonzalez avait cet éclat dans les yeux qui voulait dire : ‘On va vous prouver ce qu’on peut accomplir’. Gonzalez sera fréquemment confronté à Smith-Njigba ce qui sera toute une confrontation.
Le vétéran demi de coin Carlton Davis a déjà remporté le Super Bowl et il adore partager son expérience à ses coéquipiers.
Mais au cœur de cette défense, il y a surtout le plaqueur défensif Milton Williams qui a excellé au dernier Super Bowl quand il évoluait avec les Eagles de Philadelphie.
Du côté des Seahawks, le brio défensif est bien réparti dans cette unité. L’une de ses forces est de pouvoir appliquer de la pression avec seulement quatre joueurs.
Impossible de ne pas glisser un mot sur la licorne Nick Emmanwori. Si sa blessure à la cheville gauche, subie mercredi à l’entraînement, ne le ralentit pas, Emmanwori (un maraudeur utilisé avec variété) devrait étourdir ses adversaires plus d’une fois grâce à son agilité.
Souhaitons que les lignes offensives tiennent le coup
Il y a un an, la ligne offensive des Chiefs de Kansas City a été malmenée au Super Bowl. À un point tel que même le quart-arrière Patrick Mahomes n’a pas été en mesure de sauver la mise.
Cette année, les Patriots voudront, à tout prix, éviter un scénario similaire alors que leur ligne offensive n’a pas atteint sa maturité, particulièrement du côté gauche. La mobilité de Drake Maye et les passes rapides seront des solutions essentielles.
À 38 ans, Macdonald peut-il vaincre Vrabel?
Mike Vrabel dirige les Patriots pour une première saison, mais il a remporté le Super Bowl à trois reprises avec eux. Les grandes batailles, ça le connaît. Les jeux truqués aussi alors qu’il a capté 12 passes de touché en carrière même s’il évoluait d’abord comme secondeur en défense. Le leadership, ça lui coule dans les veines alors qu’il a rallié cette équipe à une vitesse fulgurante.
Macdonald n’a que 38 ans et ça peut sembler un désavantage. Cependant, ça en dit long sur son génie défensif et ses qualités de chef d’orchestre d’atteindre le Super Bowl si hâtivement.
Notre prédiction sera...
Oui, il y a eu Tom Brady, mais aussi Drew Bledsoe, Troy Brown, Kevin Faulk, Tedy Bruschi, Ty Law et Rodney Harrison pour nous émerveiller chez les Patriots avant de devenir journaliste.
Malgré tout, et j’hésite à l’écrire, je crois que les Seahawks l’emporteront par trois ou quatre points (disons 23-20) puisque leur équipe semble plus complète actuellement. Dans un an ou deux, le scénario serait sûrement différent.
Durant l’ère de Brady, l’entraîneur Bill Belichick parvenait à museler la force de ses opposants. On verra si Vrabel nous fera regretter notre prédiction avec une recette similaire.






