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« Le moment était venu » pour Letowski de penser à sa famille

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GATINEAU – Ce n’est pas tous les jours qu’un entraîneur quitte un poste dans la LNH, mais Trevor Letowski a privilégié le bonheur de sa famille après cinq saisons à titre d’adjoint avec les Canadiens de Montréal.

« Ce fut une décision très difficile à prendre. J’ai passé cinq années formidables derrière le banc et j’ai noué des liens solides. Évidemment avec notre personnel d’entraîneurs en premier lieu, mais aussi avec les joueurs et l’ensemble du personnel. C’est un endroit formidable où travailler, et c’est ce qui a rendu la décision si ardue », a admis Letowski qui a rencontré les médias dans le cadre du Défi des espoirs à Gatineau.

Letowski se retrouve à cet événement puisque les Canadiens ont tenu à retenir ses services en lui confiant un poste d’entraîneur au développement des joueurs. Celui qui a connu une carrière de plus de 600 matchs dans la LNH pourra travailler plus souvent à partir de son domicile en Ontario.

Papa de filles de 17 et 10 ans, Letowski a réalisé que le poids des années passées loin de sa famille avait pesé lourd.

« Ma femme est formidable et j’ai manqué des années très importantes auprès de mes filles. J’ai simplement senti que le moment était venu de passer plus de temps en famille. Je baigne dans le hockey depuis longtemps. Or, on ne peut pas racheter le temps passé avec sa famille », a noté Letowski en abordant un sujet qui sera toujours émotif.

Il faut dire que Letowski n’a jamais lésiné au boulot. Après 13 saisons de hockey professionnel, dont les deux dernières en KHL, Letowski a immédiatement accepté un rôle d’entraîneur avec le Sting de Sarnia dans la Ligue junior de l’Ontario. Âgé de 49 ans, il n’a pas levé le pied depuis ses années de joueur dans l’OHL.

Letowski a été soulagé de sentir l’appui immédiat des dirigeants Jeff Gorton et Kent Hughes ainsi que celui de Martin St-Louis qui est devenu un grand ami.

Ironiquement, il s’avère que Letowski a dû demander cette réaffectation alors que le CH s’apprête, probablement, à vivre ses plus belles saisons depuis longtemps.

« J’étais là au début de l’aventure (il a d’abord été embauché comme adjoint à Dominique Ducharme). Année après année, l’équipe progressait et c’était vraiment passionnant d’en faire partie. Mais ce temps perdu, on ne peut pas le rattraper. C’est devenu assez évident pour moi que c’était la bonne décision même si elle n’était pas facile à prendre », a-t-il soupesé.

Letowksi n’a jamais voulu déraciner ses filles et sa femme de leur milieu. Après tout, il est tellement occupé durant la saison de hockey qu’elles auraient été seules dans un environnement différent, loin de leurs amies et du milieu de la danse qui est très précieux pour ses filles.

« Ces cinq dernières années — et la dernière en particulier — ont été les meilleures que j’ai vécues dans le monde du hockey, surtout en tant qu’entraîneur. Je ne l’oublierai jamais », a précisé le volubile homme de hockey.

Au fil des prochains mois, Letowski découvrira l’envers du décor avec la perspective du développement et du recrutement.

Cela dit, il est loin de renoncer à la profession d’entraîneur.

« Je ne ferme certainement pas la porte », a réagi celui que St-Louis consultait fréquemment derrière le banc.

En attendant que ses filles soient plus vieilles, Letowski ira visiter quelques espoirs qu’il supervisera et il a rappelé qu’il avait adoré encadrer des jeunes de niveau junior.

« Je ne vais pas marcher sur les plates-bandes de leur entraîneur respectif. Si je remarque des aspects de leur jeu qui ne favorisent pas leur accession au niveau, je vais en discuter avec eux. La courbe de progression de ces jeunes est très prononcée », a fait remarque Letowski.

Derek Lalonde a hérité du mandat de lui succéder. En tenant compte de l’expérience de Lalonde, il sera intéressant de constater son impact et les différences.

« C’est un entraîneur très respecté. Il communique bien et il amènera une réelle valeur ajoutée », a soumis Letowski.

Puisqu’il a privilégié sa famille, Letowski ne pouvait pas regretter son choix.

« Le plus difficile, c’est de quitter tous ces bons amis », a conclu celui qu’on imagine revoir derrière un banc dans quelques années. Difficile de prédire si ça surviendra à Montréal et encore avec St-Louis comme entraîneur-chef.