Ainsi donc, les Canadiens de Montréal sont aux commandes d’un train que les Maple Leafs de Toronto n’ont jamais vu venir.
C’est ce qu’a laissé entendre le président et chef de la direction de Maple Leafs Sports & Entertainment Keith Pelley, mardi, citant également le modèle des Sabres de Buffalo, pour expliquer en partie le déraillement de son club et le congédiement du directeur général Brad Treliving qui en a résulté.
Maintenant à la recherche d’un nouvel ingénieur pour remettre ses wagons sur les rails, Pelley espère sans doute trouver un candidat qui s’inspirera de la besogne accomplie par ses éternels rivaux.
Car la locomotive montréalaise semble bien plus près d’arriver à destination que celle des Torontois, perdue depuis bientôt 60 ans.
Voici comment le TGV tricolore est parvenu à doubler son compétiteur.
Fringante jeunesse
D’abord, les dirigeants Jeff Gorton et Kent Hughes ont fait le pari de s’en remettre à la jeunesse pour offrir une 25e coupe Stanley aux partisans du Bleu-Blanc-Rouge.
Avec un âge moyen de 25,81 ans, les Canadiens misent actuellement sur la deuxième plus jeune formation du circuit Bettman, derrière celle des Blackhawks de Chicago (25,12).
Beaucoup plus expérimentés avec un vécu de 11 795 matchs joués dans la LNH (8669 pour le CH), les Leafs affichent un âge moyen de 29,04 ans, soit le neuvième plus élevé de la ligue.
À titre comparatif, l’Avalanche du Colorado compte sur l’alignement le plus vieux de la LNH à 30,26 ans, ce qui ne l’empêche toutefois pas de s’imposer comme les grands favoris pour tout rafler ce printemps.
Ce qui nous amène donc aux noyaux de joueurs montréalais et torontois...
Un noyau qui coûte cher
Deux clubs bien nantis, les Canadiens et les Maple Leafs n’ont pas l’habitude de regarder à la dépense, si bien que leurs masses salariales respectives cette saison sont similaires et flirtent avec le plafond salarial de 95,5 millions $ au moment d’écrire ces lignes.
Selon Puckpedia, celle du CH s’élève 95,43 M$, comparativement aux 93,82 M$ consentis par les Leafs.
C’est dans la répartition des dépenses que les deux clubs se différencient. Alors que les Canadiens ne comptent aucun joueur touchant un salaire annuel moyen supérieur à 10 M$ – le défenseur Noah Dobson étant le mieux rémunéré à 9,5 M$ – les Leafs en ont deux.
Les attaquants Auston Matthews et William Nylander encaissent respectivement 13,25 M$ et 11,5 M$ par année. L’an dernier, les engagements financiers des Torontois étaient encore plus problématiques, alors que John Tavares (11 M$) et Mitchell Marner (10,9 M$) étaient eux aussi payés plus de 10 M$ par saison.
Le noyau des Leafs étant désormais composé de Matthews, Nylander, Matthew Knies (7,75 M$), Morgan Rielly (7,5 M$) et dans une moindre mesure Tavares (4,3 M$), l’organisation consacre donc près de la moitié de sa masse salariale (47 %) pour ses cinq joueurs les mieux rémunérés (44 298 280 $).
Dans le camp montréalais, les Canadiens paieront l’an prochain 2,71 M$ de moins que les Leafs pour leurs cinq joueurs les mieux rémunérés.
- Noah Dobson – 9,5 M$
- Lane Hutson – 8,85 M$
- Nick Suzuki – 7,875 M$
- Cole Caufield – 7,85 M$
- Juraj Slafkovský – 7,6 M$
Visiblement, Hughes et Gorton en ont déjà plus pour leur argent, et ce potentiellement pour longtemps, considérant que chacun de ces joueurs mentionnés ci-haut est sous contrat au moins jusqu’en 2030.
C’est sans compter les contributions du vétéran Mike Matheson et des recrues Ivan Demidov et Oliver Kapanen, qui valent leur pesant d’or.
Avec le plafond salarial qui sera haussé de 8,5 M$ l’an prochain pour s’élever à 104 M$, les dirigeants du Tricolore auront une occasion de plus de faire avancer leur train d’une ou plusieurs stations.
D’autant plus que contrairement à son éternel ennemi ontarien, le CH dispose d’une banque d’espoirs prometteuse.
Fowler, Hage, Zharovsky et cie
Dans son plus récent classement des meilleures banques d’espoirs, le réputé Scott Wheeler de The Athletic répertorie celle des Canadiens au neuvième rang de la LNH.
Avec en tête les Jacob Fowler, Michael Hage, Alexander Zharovsky, David Reinbacher et Bryce Pickford, pour ne nommer que ceux-la, le Tricolore dispose déjà de sérieux candidats pour pourvoir des postes vacants dans sa formation dans un avenir rapproché.
Hughes et Gorton ont aussi l’option de troquer l’un ou plusieurs d’entre eux pour acquérir les services d’un vétéran d’impact qui rapprocherait encore plus rapidement le club du terminus.
Qui sait si ce n’est pas ce qui se tramait dans les dernières minutes de la plus récente date limite des transactions, Hughes confiant après coup qu’il travaillait sur un grand coup.
Chose certaine, voilà un luxe qui ne risque pas d’être offert au successeur de Treliving, qui disposera visiblement de beaucoup moins de pièces de rechange.
Aux yeux de Wheeler, les Leafs ont le 29e meilleur groupe d’espoirs du circuit, Easton Cowan étant le plus prometteur devant le moins connu Ben Danford.
Et ça ne risque pas d’être au prochain repêchage que les Torontois bonifieront leur relève. En date d’aujourd’hui, les Leafs n’ont aucune sélection au cours des deux premières rondes, l’organisation ayant échangé ceux-ci dans les dernières années dans l’espoir de remporter une première coupe Stanley depuis 1967.
Les Leafs pourraient bien récupérer leur premier choix de 2026 – échangé aux Bruins de Boston dans la transaction pour Brandon Carlo en mars 2025 – mais ce dernier se devra d’être dans le top-5, ce qui a pour l’instant peu de chances de survenir.
À Montréal, le Canadien dispose quant à lui toujours de ses sélections de premier et deuxième tours, ce qui l’aidera à maintenir à tout le moins son rythme de croisière.
Tout le contraire des Leafs, qui sont davantage dûs pour un retour au garage.








