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Soulagée, Ambrose heureuse d’être de retour avec la Victoire

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MONTRÉAL — La première journée du camp d’entraînement de la Victoire de Montréal, mercredi, a permis de faire un constat; Erin Ambrose est une jeune femme heureuse, sereine, et bien dans sa peau. Son retour dans l’uniforme bourgogne de l’équipe de la Ligue professionnelle de hockey féminin y est sans doute pour beaucoup.

«Ça semble presque irréel d’être enfin de retour. J’ai l’impression que ç’a pris un temps fou, que l’entre-saison a été interminable. Mais être enfin de retour et retrouver le groupe est vraiment excitant et quelque chose que j’attendais depuis longtemps», a admis Ambrose.

Quand on sait à quel point elle a été tracassée le printemps dernier, on peut comprendre pourquoi elle est apparue si soulagée, mercredi.

Le vendredi 16 mai, Ambrose avait accompagné sa coéquipière Marie-Philip Poulin et l’entraîneuse-cheffe Kori Cheverie à la douloureuse conférence de presse qui avait suivi l’élimination de la Victoire en demi-finale contre la Charge d’Ottawa.

Au désarroi de cette défaite s’était ajoutée, quelques jours plus tard, une randonnée dans l’inconnu pour plusieurs joueuses dont les contrats venaient à échéance. C’était également le cas d’Ambrose, malgré le fait qu’il restait une année à l’entente de trois ans qu’elle avait signée avec la formation montréalaise en novembre 2023.

Tout ça, à cause des règles que la LPHF avait mises en place pour accueillir les formations de Seattle et de Vancouver au sein du circuit et qui allaient contraindre les six clubs originaux à laisser des joueuses sans protection.

Lors du bilan de fin d’année, Ambrose ne l’avait pas caché; elle souhaitait de tout coeur demeurer à Montréal.

Tout s’est réglé le 5 juin quand la directrice générale Danièle Sauvageau a pu ajouter à sa liste de protection le nom d’Ambrose, pour accompagner ceux de Poulin, Laura Stacey et d’Ann-Renée Desbiens, en prévision du repêchage d’expansion, après que la Victoire eut perdu Cayla Barnes et Jennifer Gardiner au profit de Seattle et Vancouver, respectivement.

Ambrose allait donc demeurer dans une ville qu’elle ne voulait pas quitter et où elle souhaitait déjà aboutir avant la toute première séance de sélection de la LPHF, en septembre 2023.

«Je ressentais beaucoup d’anxiété, beaucoup d’incertitude, et ce sont deux mots et deux sensations que je ne gère pas très bien», a-t-elle mentionné, en revenant sur les semaines qui ont suivi la fin de la saison 2024-25.

«Donc, pour moi, une fois que j’ai su que j’allais revenir, j’ai évidemment ressenti un grand soulagement et beaucoup d’excitation. Et maintenant, avec ce groupe, je suis encore plus enthousiaste que je ne l’étais à ce moment-là, quand j’ai vu ce que Danièle a accompli pendant l’entre-saison. Avec les signatures de joueuses autonomes, le repêchage, les joueuses invitées, c’est encore plus excitant de faire partie de ce groupe.»

Tous ces nouveaux visages, dont celui de la combative Abby Roque, nécessiteront fort probablement une période d’adaptation au sein de la Victoire.

«Vous avez évidemment un noyau de joueuses qui sont extrêmement importantes et indispensables à votre organisation, à votre identité authentique, mais en même temps, vous devez toujours évoluer et vous adapter», a noté Ambrose.

«Et je pense que cette année, avec tant de nouveaux visages, il y aura sans aucun doute une nouvelle identité. Je ne dirais pas que cette identité est déjà clairement définie, mais je pense que c’est quelque chose qui évolue également en permanence», a estimé Ambrose.

Surtout, il y a le style de jeu de la formation montréalaise qui pourrait changer par rapport aux deux premières saisons de l’équipe.

«Je dirais que nous serons peut-être un peu pénibles à affronter, compte tenu de toutes les joueuses que nous avons recrutées. Je sais que je ne suis pas vraiment du genre robuste et turbulente sur la glace; donc le fait que notre équipe ait un peu plus de mordant, qu’elle soit beaucoup plus imposante physiquement, beaucoup plus athlétique, va nous permettre de disputer de nombreux matchs difficiles, et cela va être très dur pour nos adversaires de devoir y faire face, soir après soir», a-t-elle expliqué.

Ce calendrier de 30 parties, qui s’amorcera le dimanche 23 novembre avec une visite au domicile du Fleet de Boston, sera la préoccupation immédiate d’Ambrose. Un nouveau contrat? Il n’y a rien d’imminent, a fait savoir la principale intéressée.

«Je n’ai pas fixé d’échéancier pour régler cette question. Danièle et moi avons eu de très bonnes discussions à ce sujet, mais je veux me concentrer entièrement, de toutes mes forces, sur cette année», a-t-elle d’abord souligné.

«J’ai dit à Danièle que j’étais de tout cœur ici, à Montréal, et je pense que vous le savez tous. Vous savez à quel point j’aime cette ville, à quel point j’aime cette équipe», a conclu Ambrose.

Michel Lamarche, La Presse Canadienne