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Marsch montre des signes d’impatience, pointe David du doigt

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TORONTO – Pour un troisième match consécutif, le Canada a livré une performance en deux temps vendredi contre la Bosnie-Herzégovine. Une demie de sommeil, une demie d’éveil. Et même s’il l’a exprimé avec la diplomatie qu’on lui connaît, on a senti que cette tendance commence à fatiguer Jesse Marsch.

Le fait que cette mauvaise habitude se soit répétée en Coupe du monde, dans un environnement familier et devant une foule conquise, y est sûrement pour quelque chose.

Dans un match préparatoire contre l’Ouzbékistan le 1er juin, le Canada avait offert une première demie beige avant de marquer deux buts au retour des vestiaires. Quatre jours plus tard contre l’Irlande, il avait été dominant pendant 45 minutes, puis avait semblé prendre la suite des choses pour acquis.

Le temps des expériences et des erreurs sans conséquences était révolu en ce jour historique à Toronto, mais les Canadiens ont rejoué dans le même film. L’hésitation et le manque de précision ont caractérisé leur entame. Ils ont raté une chance en or à la 17e minute, puis ont concédé de manière malheureusement prévisible sur un corner mal défendu à la 21e.

« Et quand vous faites ça, surtout en Coupe du monde, vous pouvez fouiller les stats, vos chances de même vous en sortir avec un nul sont minces », suggérait le défenseur Alistair Johnston.

Le Canada l’a eu, son match nul, et même s’il en mesurait parfaitement la valeur, Marsch peinait à s’en réjouir.

« Il faut que je trouve une façon de soutirer un peu plus de certains de mes partants, s’est donné comme mission le sélectionneur. J’ai dit aux gars que si on joue un match complet comme on l’a fait en deuxième demie, on gagne. Il faut trouver un moyen de s’exprimer avec plus de confiance et d’attaquer les matchs comme on se dit qu’on veut le faire, autant tactiquement que psychologiquement ou mentalement. »

Jonathan David était directement visé par ces propos de Marsch. Depuis que le tacticien américain est arrivé à la barre du programme canadien, David n’avait été ramené au banc que cinq fois avant la 75e minute. Il est sorti à la 61e contre la Bosnie, dans un triple changement qui a aussi emporté Tajon Buchanan et Liam Millar.

Pendant son heure de jeu, il n’a touché qu’à 24 ballons, n’a réussi que 57% de ses passes (8 en 14) et surtout n’en a tenté qu’une seule dans le tiers offensif. C’est aussi lui qui a raté l’occasion rêvée mentionnée plus tôt en début de partie.

On a beaucoup parlé de Cyle Larin et de sa longue traversée du désert, mais il y a un moment que David ne conduit plus l’autobus dans le tiers offensif pour le Canada. Si on met de côté ses deux réussites sur penalty en mars contre l’Islande, il n’a fourni ni but, ni passe décisive à ses dix dernières apparitions.

« Vu les performances de certains de nos joueurs devant et les armes que j’avais à ma disposition sur le banc, j’ai voulu faire des changements pour insérer des gars qui pouvaient nous amener un peu plus d’énergie, a justifié Marsch. Autant le début de notre deuxième demie était encourageant, autant je sentais qu’il fallait trouver des moyens d’être plus entreprenants et plus décisifs. »

« Johnny n’a pas connu sa meilleure journée. »

—  Jesse Marsch

« C’est normal qu’un joueur ne soit pas toujours au sommet de sa forme. Mais Johnny demeure un joueur incroyablement important pour nous. Il a marqué et préparé plus de buts que quiconque depuis que je suis dans ce poste et on aura besoin de lui à son meilleur pour le reste de ce tournoi. Il faut trouver un moyen de maximiser son expérience parce que s’il n’est pas dans sa meilleure forme, on n’est pas l’équipe qu’on a le potentiel d’être. »

Il est inquiétant de voir à quel point certains piliers du Canada – il faut certainement inclure Buchanan dans le lot – sont loin du niveau qu’ils ont affiché dans le passé, celui qui leur a permis d’être courtisés par les meilleurs championnats d’Europe. Comme il est inquiétant de voir les performances inégales et peu inspirantes s’accumuler au palmarès de l’Unifolié.

Marsch réalise certainement l’urgence de faire mieux, mais arrive à relativiser. Il compare la situation du Canada à celle de tant d’équipes dans le passé qui sont entrées dans la Coupe du monde du pied gauche avant de trouver leur équilibre. Il cite en exemple l’Argentine de 2022, qui a perdu contre l’Arabie Saoudite en phase de groupes avant de filer vers l’obtention du beau trophée doré.

« Ça commence un peu nerveusement, mais ensuite les équipes prennent vie et arrivent à montrer une version d’elles-mêmes plus proche de la réalité. Ça va être important pour nous d’apprendre rapidement de ce qu’on vient de vivre pour arriver mieux préparés à offrir le genre de matchs qu’on veut. »