BROSSARD – Quand il a déclaré qu’il ne voulait pas commencer la saison avec trois gardiens de buts, le directeur général du Canadien Kent Hughes a ouvert la porte à une pléthore de scénarios.
Il pourrait envoyer Jacob Fowler commencer l’année dans la Ligue américaine. Il pourrait s’empresser d’échanger Samuel Montembeault ou, à défaut de trouver preneur, se résigner à soumettre son nom au ballottage. Qui dit qu’il ne pourrait pas non plus être tenté de tester la valeur de Jakub Dobeš sur le marché? Vos idées et suggestions les plus loufoques sont les bienvenues pour compléter la liste.
Si toutes ces possibilités sont égrenées par les médias et débattues parmi les partisans, il est raisonnable de penser qu’elles ont traversé l’esprit de ceux qu’elles impliquent directement. On ne joue pas sa place dans le vestiaire du Canadien de Montréal sans se poser des questions sur la suite.
C’est sans doute le grand défi de Montembeault ces jours-ci. Il a été tassé au profit des deux autres dans la deuxième moitié de la dernière saison et il serait facile de l’identifier comme l’homme en trop.
« Je ne veux pas trop penser loin pour quand la saison va arriver, a insisté le gardien québécois vendredi. On a encore deux semaines d’ici là. Donc je veux juste travailler, essayer de bien faire les choses et me donner les meilleures chances. J’ai un poste à gagner. On sait que l’année passée, ça n’a pas bien été, donc c’est un nouveau départ. »
Montembeault a commencé la saison 2025-2026 comme le numéro un indiscutable devant le filet du Canadien. Après sa participation à la Confrontation des 4 nations l’année précédente, son nom était mentionné parmi les candidats pour l’équipe canadienne aux Jeux olympiques.
Il a admis plus tard s’être imposé une trop grande pression. Ses performances ont décliné et il s’est perdu dans ses pensées. « Je suis tombé beaucoup trop dans ma tête », a-t-il admis, piteux, au bilan de fin de saison.
Parce que Fowler est clairement le gardien d’avenir de l’organisation et parce que Dobeš est sorti de sa coquille au point d’être l’un des piliers du parcours du Canadien en séries le printemps dernier, on a cru que l’heure de Montembeault avait sonné, qu’il quitterait durant l’été.
Mais il n’est allé nulle part. Pour lui, c’est un signe qu’il fait encore partie des plans à Montréal. « Je pense que je ne serais pas là si ce n’était pas le cas », suggère-t-il.
« Je suis super content. Évidemment, j’adore ça ici, donc de pouvoir être encore là et quand je suis arrivé au camp, de revoir tout le monde... On est tellement un bon groupe et je suis vraiment content d’en faire partie. »
Montembeault a parlé de son été davantage comme d’un soulagement que d’une source de nervosité. La belle saison lui a permis de tourner la proverbiale page et de mettre le hockey en arrière-plan pendant un moment. Il est rentré à la maison, est devenu papa pour la première fois.
Il n’a quand même pas trop tardé à retrouver la glace, question de capitaliser sur la bonne forme physique que sa charge de travail moindre lui avait permis de bâtir en fin de saison. Il a aussi continué de travailler avec le psychologue sportif qu’il avait commencé à consulter après les Fêtes l’an dernier. « J’ai même eu un appel avec lui cette semaine », a-t-il précisé.
« Évidemment, il y a des incertitudes, on ne sait pas ce qui va se passer. Mais j’ai bien travaillé avec mon psychologue durant l’été. On a travaillé sur plein trucs qui me permettent de ne pas penser à ça. »
Sur les ondes de « On Jase » cette semaine, l’ancien entraîneur des gardiens du Canadien Stéphane Waite a noté qu’à 29 ans, Montembeault arrivait potentiellement dans les années les plus productives de sa carrière. À son avis, bien qu’un départ de Montréal apparaisse inévitable, l’organisation commettrait une erreur en le transférant à un rival avant de laisser sa valeur augmenter.
« La dernière saison est finie et tout repart à zéro, mes statistiques comme celles de l’équipe. [...] J’ai connu une mauvaise saison l’an dernier, mais les deux avant ça, j’ai offert du bon hockey. Je me suis placé dans le top-10 ou le top-5 dans plusieurs catégories de statistiques. Je sais que je peux le refaire. Il faut juste que je retrouve la constance qu’il me manquait la saison dernière. »
En 2021, Montembeault était arrivé à Montréal par le biais du ballottage. Les Panthers de la Floride, l’équipe qui l’avait repêché en troisième ronde, abandonnait sur son cas à l’âge de 24 ans. Rien ne garantissait qu’il parviendrait à se reconstruire sous la pression montréalaise, mais il l’a fait.
Il ne rejette pas le parallèle qu’on lui suggère entre cette étape de sa carrière et cette nouvelle intersection à laquelle il se trouve.
« J’avais une place à faire et il fallait que je travaille pour ça. C’est un peu la même chose en ce moment. On a trois gardiens et rien n’est assuré. Comme je l’ai dit, avec la saison que je viens de connaître, ça va être important de ne pas me projeter trop loin, mais juste de travailler et essayer de refaire ma place. »





