MONTRÉAL – Une délégation médiatique qui s’apparentait à ce qu’on voyait régulièrement dans les belles années du CF Montréal assistait à l’entraînement de l’équipe jeudi matin au Centre Nutrilait. Nous utiliserons une formule convenue et baptiserons ce phénomène « l’effet Alexis Sánchez».
Ironiquement, le nouveau joueur désigné de l’Impact n’a pas participé à cette séance préparatoire en vue du match de samedi contre D.C. United. L’entraîneur-chef intérimaire Philippe Eullaffroy s’attend « en théorie » à ce que la nouvelle acquisition de ses patrons arrive à Montréal vendredi.
Même si Sánchez a atteint l’âge vénérable de 37 ans, qu’il était sans club jusqu’à tout récemment et qu’il manquera par conséquent « d’un peu de rythme », Eullaffroy ne s’attend pas à devoir le soumettre à un long processus d’intégration. L’idée est de « le mettre rapidement dans le bain ».
« Si tout va bien et qu’il n’arrive pas avec deux béquilles, je pense qu’il sera sur la feuille de match pour Columbus », anticipe le stratège. Le CF Montréal affrontera le Crew mercredi prochain en Ohio.
L’ajout du célèbre attaquant chilien devrait faire le plus grand bien au Bleu-blanc-noir, qui reste sans victoire en quatre matchs de MLS depuis le retour de la trêve de la Coupe du monde il y a un mois.
On s’attend bien sûr à ce qu’il dynamise le secteur offensif en fournissant concrètement des buts et des passes décisives, mais aussi à ce qu’il élève le niveau collectif grâce aux détails qui peuvent échapper à l’œil extérieur. Sa réputation devrait lui valoir le respect immédiat du vestiaire. Il l’entretiendra en exposant ses nouveaux coéquipiers aux standards qu’il s’est imposés au fil d’une brillante carrière dans les plus grands clubs de la planète.
« Vous connaissez l’expression qui dit qu’il y a des joueurs qui, simplement en étant sur le terrain, rendent les autres meilleurs, a présenté Eullaffroy a son auditoire jeudi. Donc c’est ça. Simplement par sa venue, on est meilleurs alors qu’on n’a pas changé le reste des joueurs. Cette sensation d’être un peu plus grands, un peu plus forts, d’avoir un focus de l’adversaire qui va être un peu plus vers lui et qui va donc libérer un peu d’espace pour les autres, c’est [ce qu’il va apporter]. »
Sur votre moteur de recherche favori, vous ne patienterez que quelques secondes pour trouver les statistiques de Sánchez lors de ses passages à Barcelone, Londres, Milan et Marseille. Il fait peu de doute que son talent pur se traduira directement sur la feuille de pointage.
Mais des joueurs de ce calibre, lorsqu’ils arrivent avec la bonne mentalité, peuvent apporter tellement plus. C’est aussi ce genre d’espoir que génère l’arrivée du « Niño Maravilla » à Montréal. Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux par Nilton Jorge du podcast Couscous Piri Piri, Thierry Henry parle avec admiration des habitudes de travail du Chilien, avec qui il a en commun d’avoir brillé à Arsenal. « Les lendemains de matchs, le gars il va sur le tapis pour faire des sprints. [...] Quand t’as un mec comme ça qui a pratiquement tout gagné et tu le vois se comporter comme ça, ce sont des exemples que t’es obligé de suivre. »
« Un renfort pour le staff »
Eullaffroy, qui a souvent répété vouloir des joueurs qui veulent réussir dans la moindre petite chose qu’ils entreprennent, précise qu’il dirige un groupe qui est déjà sensibilisé à l’importance de l’intensité et de la compétition. Il cite comme preuve un léger coup qui a écourté l’entraînement de Brayan Vera.
« Cependant, ce qui est intéressant, c’est que [Sánchez] est un vrai modèle à suivre. Quand on voit que non seulement c’est le coach qui demande ça, mais qu’un joueur comme Alexis Sánchez, c’est ce qu’il fait de manière naturelle tous les jours, pour nous c’est du bonheur. Je ne vais pas dire qu’on va rester avec un cigare et un cognac sur le côté en disant ‘c’est Alexis qui va montrer l’exemple’. Mais on peut s’appuyer sur un gars comme ça.
« C’est ce côté un peu en dehors du terrain qu’il va aussi nous amener. L’exemple à suivre, l’intensité, le questionnement, les standards très élevés. C’est comme un renfort pour le staff aussi sur le plan technique. Même si c’est un joueur, il renforce le staff technique quelque part par son attitude. »
Une grande partie du travail de ce staff sera maintenant de trouver la manière optimale de déployer son nouveau meneur de jeu sur le terrain. Eullaffroy a noté que Sánchez peut jouer sur l’aile gauche ou dans une position plus centrale comme milieu créateur ou deuxième attaquant.
Dans son système actuel, Eullaffroy n’utilise pas de milieu créateur axial. Il organise plutôt son attaque autour de deux ailiers (disons Hennadii Synchuk et Noah Streit) et d’un attaquant (Prince Owusu), avec deux milieux relayeurs (souvent Victor Loturi et Matty Longstaff) en support.
Eullaffroy a déclaré que dans l’immédiat, l’arrivée de Sánchez ne changeait rien à son approche. « Il peut cadrer parfaitement dans ce qu’on fait pour le moment », assure-t-il. Le tacticien a toutefois laissé entrevoir des ajustements en vue du retour au jeu de Wiki Carmona prévu dans « deux ou trois semaines ».





