Passer au contenu principal

RÉSULTATS

Lucie Rochon, solide dans la vie comme dans la course!

Course à pied - rds.ca
Publié
Mise à jour

« Le soleil revient toujours dans notre vie ». Vous comprendrez tout le sens de cette phrase plus loin dans le texte. Lucie Rochon parle avec émotion.

 

Celle qui a 65 ans a fait écarquiller nos yeux suite à une performance éblouissante de 3h25 avec une première place dans sa catégorie d'âge lors de la 127e édition du prestigieux marathon de Boston. Pourtant, elle se serait contentée de conclure l'épreuve avec un 3h30, chrono qu'elle avait d'ailleurs réussi à 60 ans.

 

Alors que plusieurs fulminaient contre la température maussade qui a sévi lors de cet événement, Lucie se retrouvait comme un poisson dans l'eau, cachée derrière la plupart des coureurs avec ses 5'1'', ce qui lui permettait de parer aux intempéries.

 

Jeune, elle adorait le plein-air. Elle réalise sa facilité dans la course à pied à bas âge. Bien qu'elle coure régulièrement, disons qu'elle n'abuse pas. Elle ne court jamais plus de 10 km entre mars et novembre. D'ailleurs, sa fille lui a glissé à l'oreille récemment : Il me semble que je ne te voyais pas courir souvent lors de mon enfance ».

 

À 46 ans, elle signe son premier demi-marathon et pour les dix prochaines années, elle se contente d'en vivre un par année. Il faudra attendre à 56 ans pour briser la barrière des 42 km, à Toronto où elle se qualifie pour Boston 2016 avec un temps remarquable de 3h28.

 

Modeste comme ça se produit souvent chez les élites, Lucie dit bénéficier d'une excellente génétique. « Je me considère très chanceuse. Je regarde des gens autour de moi et je constate ce privilège. Je me blesse rarement », poursuit celle qui fait preuve d'une grande discipline.

 

LA MORT SUBITE DE SON CONJOINT

 

 

Elle dit avoir corrigé plusieurs erreurs lorsqu'elle s'est jointe au réputé club La Foulée de Québec. « J'avais la mauvaise habitude de partir trop rapidement lors d'un marathon et automatiquement, je brûlais mes énergies pour la suite. J'ai eu ma leçon. »

 

Elle vivait sa 4e participation à Boston. « Je m'étais bien reposée durant la semaine précédente et j'ai pris soin de bien m'alimenter. Je ne voulais pas traverser une carence en énergie. »

 

Maintenant à la retraite après une belle carrière à la ville de Québec, là où elle a vu le jour, un événement tragique devait solidement perturber sa vie. La perte subite de son conjoint à l'âge de 56 ans fut une période effroyable. Elle n'a pas voulu s'étendre trop sur le sujet car 10 ans plus tard, on la sent encore solidement ébranlée lorsque l'on effleure le sujet.

 

« Heureusement que je pouvais compter sur mes trois enfants et la course à pied qui m'ont aidé à traverser ce cauchemar et qui m'ont évité de prendre des médicaments. Je suis restée forte grâce à mes enfants. Mon conjoint était vraiment fier de me voir courir. Il aurait aimé m'accompagner mais des ennuis avec une hanche suite à un accident de la circulation l'avaient gravement hypothéqué. »

 

SA GRANDE FIERTÉ

 

Lucie s'est retrouvée seule avec ses trois enfants et du même coup, les liens se sont solidifiés davantage. Avec raison, une grande fierté l'habite lorsqu'elle nous parle d'eux.

 

Charles-Éric Légaré, 28 ans à évolué dans la LHJMQ à Rimouski, Cap Breton, Sherbrooke et Victoriaville. Par la suite, il a joué pour l'université Concordia et a conclu sa carrière en Europe. Aujourd'hui, il œuvre dans le milieu de l'informatique.

 

Catherine, 34 ans est consultante en développement des affaires chez Canon et Jean-Maxime, 36 ans a évolué au hockey à l'université du Vermont et travaille actuellement à titre d'ingénieur.

 

Elle reconnait que parfois dans la vie, nous n'avons pas le choix. « C'est fou la force que l'on retrouve et qui nous permet de s'adapter aux difficultés que nous rencontrons. On me confie régulièrement que je suis une battante. »

 

Avec cette dernière performance à Boston, la voilà avec un laissez-passer automatique et on va même défrayer son coût d'inscription. « Il me reste deux marathons majeurs à courir, New York et Tokyo et j'aimerais bien pouvoir réaliser ce rêve en 2024. »

 

On se doute bien que l'on parle d'une simple formalité.

 

Son nouveau copain, Marc Couture saura sûrement bien la guider, la seconder et l'orienter dans les années à venir !

 

Chapeau Lucie, tu as toute mon admiration sur le plan sportif mais davantage à l'échelle humaine.