Je vous avoue tout de suite que je ne déménage pas souvent. Première fois en près de 25 ans! Des milliers de québécois le font à chaque année et s’organisent pour passer d’un domicile à l’autre sans ennuis. 

 

Le 6 juillet dernier, c’était mon tour! La nouvelle maison nous attendait, ma conjointe Daphné et moi,  de même que nos cinq grands enfants. Nous quittions deux domiciles pour en fonder un seul.  Bref, une famille reconstituée. 

 

Quel marathon ce fut! 

 

La comparaison avec cette course mythique de 42,2km est intéressante puisque dans les deux cas, la préparation est essentielle. Inutile de se présenter auFred 2 départ la journée de la course ou du déménagement si vous n’avez pas fait vos devoirs. C’est voué à l’échec! 

 

Je me permets donc dans la chronique de cette semaine de vous raconter notre marathon de déménagement.  Ce n’est toutefois pas parce que je laisse de côté la course à pied que je délaisse l’activité physique. Bien au contraire. 

 

Lors du mois qui a précédé notre journée de déménagement, Daphné et moi avons passé de très longues heures à préparer des boîtes, nettoyer, trier, donner, jeter et aller à l’éco-centre de quartier pour nous débarrasser du superflus. Tout cela à travers notre boulot et nos obligations régulières. 

 

Les quelques jours avant la date du déménagement furent les plus actifs. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis couché complètement crevé avec plus de 4 000 calories au compteur selon ma montre Garmin et avec des muscles endoloris. Je dis ceci à tous ceux qui déménagent souvent: respect! 

 

Je portais pourtant une attention toute particulière à bien soulever les boîtes et objets pour ne pas me blesser. Je m’assurais de plier les genoux et d’utiliser mes jambes. J’évitais d’arrondir mon dos pendant que je soulevais ou transportais une charge puisque je savais que cela pouvait entraîner une tension inutile. Je tentais également de prendre des pauses pour permettre à mon corps de se reposer. Plus facile à dire qu’à faire! 

 

Je me demandais vraiment comment il était envisageable de déménager en une seule journée autant de matériel. C’est là que sont intervenus huit gars extraordinaires dans leurs deux camions. Des gars qui n’avaient pourtant pas l’allure de supers athlètes mais qui furent d’une extraordinaire efficacité. 

 

Nous avions fait affaire avec le célèbre Clan Panneton et j’avoue que je n’ai pas été déçu. Surtout impressionné!

 

Comment des gars dotés d’un gabarit ressemblant au mien, donc ordinaire, ont ils été capables de déménager deux maisons et de réinstaller les meubles dans la nouvelle résidence en une seule journée? 

 

Le secret, je l’ai bien compris, c’est l’expérience! J’ai découvert qu’être déménageur c’était vraiment un métier en soi qui ne s’improvisait pas. Pour les meubles ou appareils plus lourds, ils utilisaient des sangles de levage. Ils travaillaient parfaitement avec tous les muscles de leur corps. 

 

Pendant qu’eux, les professionnels, vidaient nos résidences et plaçaient tout dans deux immenses camions, je tentais de me rendre utile en déplaçant des boîtes vers eux. J’agissais comme un imposteur se cherchant une gang de nouveaux amis. 

 

Lorsque le dernier camion remorque fut rempli, j’étais épuisé. Cela faisait déjà six heures que le déménagement durait. J’avais juste le goût de m’assoir et de me reposer. Pourtant, il fallait maintenant vider ces camions de leurs contenus dans notre nouveau domicile et carrément reconstruire les gros meubles démontés pour en faciliter le transport. 

 

Tout comme la clameur de la foule fait sentir au marathonien qu’il approche du fil d’arrivé, ce fut la même sensation lorsque je suis arrivé à la nouvelle demeure où s’activaient déjà plusieurs membres de nos familles qui venaient nous donner un coup de main pour le ménage et le rangement. C’était bruyant et étourdissant puisque nous étions plus d’une vingtaine! 

 

Daphné et moi courions à gauche et à droite pour indiquer à quel endroit les boîtes devaient être déchargées. J’étais rendu à plus de 20 000 pas et mon énergie commençait à manquer pas mal. Pourtant, au milieu de tout ce brouhaha, huit déménageurs professionnels continuaient de garder le sourire et de chanter en déchargeant les camions. 

 

Lorsque la dernière boîte fut descendu du camion, cela faisait près de douze heures que ces gars là travaillaient sans relâche. J’avais le goût de les serrer dans mes bras. 

 

J’ai toujours cru qu’il y avait des métiers qui te permettaient d’être en forme. Pensez au facteur distribuant le courrier, à celui qui fait la même chose avec les circulaires ou au garde forestier qui arpente la forêt. 

 

Je n’avais jamais pensé aux déménageurs et j’en suis un peu honteux!

 

Déménager est un véritable marathon… je peux en témoigner maintenant. Juillet est le mois de l’année où le plus de québécois changent de logis. Sans ces huit pros de l’équipe Panneton nous aurions eu une expérience nettement moins agréable. Je les remercie tous du fond du cœur! Ce sont des athlètes! 

 

Une fois les déménageurs partis cependant, il faut ouvrir toutes ces boites et ranger ce qu’elles contiennent. Et ça aussi, c’est du sport! Dans le fond, le titre de cette chronique aurait plutôt du être celui-ci: déménager, quel ultramarathon! 

 

Je vais donc maintenant aller ouvrir quelques boîtes. Bon courage à tous ceux qui feront comme moi au cours des prochains jours! 

 

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