Souvent je me pose cette question. Combien de temps vais-je pouvoir courir ? Une interrogation bien légitime et normale.

 

Les années s’accumulent derrière moi. Lorsque je regarde au dessus mon épaule, elles défilent avec les souvenirs. Alors, je souris, heureux et en même temps privilégié. Sans blessure avec tout ce millage dans le corps, disons que j’ai été choyé par la vie.

 

J’ai eu la frousse avec ce maudit cancer. Je croyais que tout allait se terminer. Je n’arrivais pas à croire que j’obtiendrais l’énergie pour continuer. Je me revois encore, assis dans la maison, souffrant d’une infection urinaire. Honnêtement, je me disais que j’allais lancer la serviette.Lune

 

Puis, il y a eu cette pandémie qui est venue en rajouter sur un moral déjà passablement amoché. Je ne pouvais anticiper un rebondissement tellement l’avenir s’annonçait morose.

 

Vivre, oui mais sans courir, je me demande comment j’aurais fait. J’ose croire que j’aurais fini par m’y habituer car vous en conviendrez, il y a des choses beaucoup plus importantes que la course à pied sur cette terre.

 

Je n’avais pas d’autre alternative que de faire confiance au futur.

 

 

CETTE FAMEUSE SOUFFRANCE

 

Aujourd’hui, je remercie cette opportunité que j’obtiens de poursuivre ma route. Tout a ralenti. Je me dois de l’accepter. Je ressens en même temps un beau message. Prendre le temps d’apprécier, de savourer les kilomètres et cela, sans me préoccuper de rien. Cette étonnante mission que je m’étais fixée de courir 100 marathons est terminée. Je dois y prendre plaisir et me considérer extrêmement chanceux d’avoir pu l’atteindre.

 

Je rends grâce à la providence en tentant d’apporter mon soutien, mon appui même si je sais très bien que je ne suis pas infaillible. La vie sait me guider. Elle l’a toujours fait jusqu’à présent. Alors, j’ose croire qu’elle poursuivra son beau travail.

 

Vous le savez, je carbure avec les marathons. Mon cerveau n’arrive pas à faire un X sur cette sensation que l’on traverse Comeaulorsque l’on parvient à franchir ce fameux mur au 30e kilomètre. Je l’ai souvent écrit. Par cette douleur, j’ai l’impression de payer ma dette pour le négatif de mon existence. Difficile d’expliquer ce feeling mais disons qu’il règle un appétit vorace que je me dois de rassasier.

 

J’ai expérimenté toutes ces sensations récemment lors de mon 102e marathon à Drummondville et je compte bien répéter l’expérience.

 

 

J’AI PEUR

 

Je sais qu’il y aura une fin. Je sais que je m’en approche.

 

J’ai peur mais en même temps, comment ne pas dire merci pour tout ce que la vie m’a permis de réaliser dans la course à pied.

 

Voir les jeunes adhérer à cette discipline, constater combien ce sport arrive à changer des vies positivement contribuent à me motiver, à fournir cet humble exemple dans cette société qui ne cesse d’évoluer.

 

Tellement ancrée en moi, la course à pied a littéralement bouleversé ma personnalité, elle m’a fait comprendre les bases de la vie et surtout, combien il devient essentiel de poser des gestes pour tenter de rendre les gens heureux.

 

Pour toutes ces raisons, j’ai besoin de courir encore longtemps.

 

Alors, j’ai demandé à la lune si elle voulait encore de moi !

 

 

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